décollent pour abattre les drachens ennemis qui surveillent le fort de Douaumont

Le 22 mai 1916 Charles Nungesser, Beauchamp, de Gennes, de Boutigny, Chaput, Réservat, Guiguet, Barrault décollent pour abattre les drachens ennemis qui surveillent le fort de Douaumont

Les As oubliés de 14-18" n'a pas de prétention universelle ou encyclopédique.

Ses trois principes sont:

Rendre hommage
Comme ces monuments aux morts "antimilitaristes" qui font succéder à la liste des "Morts pour la France" des inscriptions mettant la Guerre au Ban de l'Humanité, ou dénonçant les absurdités des combats, "Les As oubliés de 14-18" est un hommages aux hommes broyés par les événements, et aucunement une apologie des vertus du combat aérien, fut-il "chevaleresque" comme une certaine littérature voudrait le qualifier. (1)

 Qu'ils aient été spécialisés dans la chasse, l'observation ou le bombardement, c'est bien d'As oubliés dont il faut parler aujourd 'hui.

Plus de 17'000 pilotes ont été formés pendant la guerre. Auxquels il faut ajouter les mécaniciens, les mitrailleurs, les observateurs, les hommes de piste, etc..
L'immense majorité n'a pas eu droit au titre d'as, réservé aux pilotes de la chasse ayant abattu au moins cinq adversaires.
Et pourtant... A propos des pilotes de bombardement, Jacques Mortane a parlé d'as ignorés-"Tels sont nos bombardiers, les as ignorés !".

Tels sont nos bombardiers, les as ignorés

Comprendre
 A travers les documents de mon grand-père, et ceux de pilotes ou personnels de l'aéronautique dont les archives nous sont parvenues, et vous en jugerez sur pièce, je pense que le sentiment patriotique de victoire, le désir de se protéger et le désir de mettre fin à la guerre cohabitaient, plus ou moins bien selon les moments et les personnes chez chacun. Comment expliquer sinon qu'un secrétaire d'Etat-major "parfait gratte-papier" fasse des pieds et des mains pour en même temps obtenir un sursis - et il l'obtiendra-, et passer à l'aviation - et il y arrivera-. Et la loi Dalbiez n'explique pas tout. Comment comprendre qu'il souhaite rejoindre une escadrille loin du front (escadrille côtière) et en même temps qu'il participe à des missions où il est volontaire (deuxième bombardement la même nuit) et où il récoltera une citation.

Comment comprendre qu'un chasseur bléssé au dos et aux jambes, inapte pour l'infanterie, accepte l'affectation qu'on lui impose, l'aviation, sous pretexte que c'est une affectation dans laquelle il sera assis?

Que penser d'un As qui sait qu'il est techniquement et physiquement dépassé et qui persiste à refuser une affectation comme instructeur en école, où il aurait parfaitement sa place, et exige de retourner au front au risque de ne pas y survivre longtemps? 

L'immense majorité n'a pas eu droit au titre d'as

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Le papier a jauni. L’écriture au crayon est de moins en moins lisible. Les plaques de verre sont rayées. Les photos tirées sur papier ont été fixées trop rapidement, et peu à peu la photo devient illisible.
Le papier pelure qui a reçu la triple copie carbone part en lambeaux à force d’avoir été plié et déplié. L’encre à alcool de la ronéo a pâli. La carte postale exhibe un motif apologétique.
Et pourtant ces documents sont là, nous informent et nous touchent.

Du front ou de l’arrière, signés ou anonymes, uniques ou dupliqués à des centaines ou des milliers d’exemplaires, ces documents témoignent.
Ils témoignent des grands et petits evénements, de la petite et de la grande histoire.

1) Voir à ce propos la lettre de René Méseguich ICI [Jacottet méprisa et fut brutal]
ou les recommandations de Deullin ICI [La Chasse en monoplace]