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Le Bombardement d'Essen

Bombardement d'Essen

 

Le Bombardement de Francfort

 Lorsque le glorieux capitaine de Beauchamp fut tué, tout le monde regretta la mort de ce héros admirable entre tous et beaucoup crurent qu’il ne pourrait jamais être remplacé.  Il avait pourtant laissé un élève de valeur, un pilote de son escadrille, l’adjudant Jean Baumont. Celui-ci prouva qu’il était capable de prendre la succession de son chef vénéré en allant bombarder Francfort, effectuant ainsi un raid de 600 kilomètres en territoire ennemi.

 Ce n’était pas un coup d’essai de la part de cet aviateur.  Il avait déjà gagné la médaille militaire et trois palmes et, pour donner une idée de sa valeur, nous nous contenterons de reproduire le texte d’une des citations qui lui accorda le général Nivelle, alors commandant la 2nd armée, celle de Verdun:

“Baumont, Jean, adjutant-pilote à l’escadrille No. 23: pilote d’un dévouement, d’une conscience professionnelle et d’un courage au-dessus de tout éloge. Pendant les longs mois des operations autour de Verdun, a assuré presque toutes les missions photographiques demandées à son escadrille, allant survoler les objectifs lointains assignés à ces missions, malgré les barrages des avions allemands auxquels il avait chaque fois à livrer combat pour s’ouvrir le passage.

 “Au cours de la préparation de l’attaque du 24 Octobre, a fait des sorties quotidiennes et particulièrement dures, en raison de l’activité de l’aviation allemande ed des circontances atmosphériques défavorables, et a rapporté des renseignements précieux pour le commandement.  Le 21 octobre, a livré quatre combats aux avions ennemis et, le 23, en a forcé un à prendre la fuite.  Se montre aussi modeste qu’il est brave.”
 
 Le motif de sa médaille militaire, décernée auparavant, complétera l’idée qu’on peut se faire de ce vaillant:

 “Pilote remarquable. N’a cessé, depuis le début de la campagne, de donner les plus belles preuves d’énergie et de sang-froid.  Au cours de plus de quatre-vingt-dix croisières ou reconnaissances, a livré plus de cinquante combats dont un particulièrement acharné contre trois avions ennemis qui l’ont suivi et mitraillé pendant tout le parcours de sa reconnaissance, sans réussir á le faire dévier en quoi que ce soit de son itinéraire.  Déjà cité à l’ordre.”

 Les héros est, je crois, suffisamment présenté par ces témoignages d’admiration officielle.  Le lecteur sait à qui il a affaire.  Nous avons demandé à Jean Baumont le récit de son raid sur Françfort.  Il l’a fait avec sa modestie habituelle, sans insister sur les résultats de son attaque.  Mais nous pouvons dire qu’il provoqua de terribles dégâts dans la cité allemande et que l’ennemi lui-même avoua quelques-uns de ces ravages.  Ce demiaveu prouve l’importance du bombardement!

 “Le moteur a tourné au point fixe; je monte dans mon appareil à cinq heures cing.  Poignées de main…Essence, contact, décalez les roues… Deux minutes après, je décolle.  Il fait encore nuit.  On commence seulement à deviner, à l’orient, les premiéres lueurs de l’aurore.

 “ Je monte vite à 2,000 metres et prends la direction est-nord-est, vers l’inconnu! A 5 ou 6 kilomètres des lignes, premiers coups de canon. Plus j’avance, plus le soleil s’élève á l’horizon.  Au sol, la vue est magnifique.  Des milliers de cheminées d’usines, les hauts fourneaux lancent des torrents de fumée et de flammes.  La terre ne semble qu’une colossale entreprise métallurgique.  Vraiment le choix n’est pas difficile pour laisser tomber des bombes.

 “Mais je n’avance guère.  Un violent vent debout retarde ma marche et réduit de moitié ma vitesse normale.  J’aperçois ou devine plutôt, à cause de leurs lumières, d’un côté Metz et de l’autre, très loin, Luxembourg et ensuite Trèves.

 “La visibilité est marveilleuse.  Le soleil est tout à fait levé et tout s’illumine.  Seules les vallées se remplissent de brume et cachent villes et villages, tandis que les crêtes m’indiquent le chemin.

 “Enfin, de loin, je commence à apercevoir le Rhin ou plutôt sa brume.  Le Rhin! objet de nos désirs, de nos luttes, quelle joie de le survoler! Et, tandis que mes cocardes s’y reflètent, je pense au jour prochain ou nos chevaux s’y abreuveront une fois encore.

 “Attention! les coups de canon ne vont pas tarder!
 
 “En effet, en arrivant à la hauteur de Kreuznach, je suis reconnu et les batteries manifestent leur joie ou leur colère un peu bruyamment. Pal mal tiré d’ailleurs.  Jusqu’au point extrême de ma mission, je vais être accompagné de la sorte, soit pendant 60 kilomètres encore.  Mais le tir devient de moins en moins bon, quoique plus nourri.  Les artilleurs sont tout excusés, car sur le Rhin la brume commence à être dense et forme même de nuages.

 “Voici Mayence et, derrièrre, Wiesbaden.  La ville se détache très bien au sol et, d’en bas, les habitants reconnaîtraient sûrement ma nationalité, même si je n’étais pas crapouillé.

 “Sur un grand terrain, à l’ouest de la ville, se trouvent des hangars.  Je vois des gens courir, ouvrir les portes.  Ce doit être un terrain d’aviation.  Tout à l’heure, je vais avoir quelques appareils à mes trousses et j’ai encore 30 kilomètres avant le but!

 « Mais, soit qu’ils ne fussent pas prêts, soit qu’ils ne m’aient pas retrouvé, à aucun moment je ne fus inquiété par les avions ennemis.

 “Voice Hoechst et Françfort et, plus loin, Offenbach.  La ville, but de mon voyage, est complètement cachée, car la fummée de ses nombreuses usines, mélangée à la brume, forme un véritable nuage.

 “J’ai peine à situer la gare principale: j’éstablis mon point par les directions et croisements probables des routes donnant sur la ville et je tire mes bombes.  Je ne puis voir mes points de chute.  Je lance des proclamations, et maintenant il s’agit de rentrer.

 “La cononnade s’est arrêtée. Je n’aurai plus à m’en inquiéter. Jusqu’ à mon passage des lignes, aucun obus ne sera plus tiré sur moi.  Le paysage défile maintenant très rapidement, quoique – c’est bien ma chance! – le vent ait faibli et ne me pousse pas aussi vite qu’il m’avait retardé.

 “Je survole Metz, toujours à la même altitude.  Pas d’avions à l’horizon.  Je peux passer sans risques.  De la terre remuée… les tranchées… Ouf! j’ai gagné!

 “Après un long détour, je rentre à mon port d’atterrissage et je me pose, juste cinq heures après mon départ.  Mes camarades commençaient à s’inquiéter.  Mon mécanicien s’informe tout de suite de la bonne marche de l’avion et du moteur qu’il avait préparés avec tant de soin et de dévouemont.

 “Tout a bien marché.  Le moteur n’a eu aucune faiblesse et ne demande qu’à continuer, malgré ses quatre-vingts heures additionnées de marche.  J’apprends aussi que la veille j’ai été nommé sous-lieutenant.  Double joie!  Vraiment, aujord’hui, je suis comblé.
 “Qui, mais…regret! Au lieu de partir seul, comme j’aurais désiré accompagner et suivre mon ancien chef, le capitaine de Beauchamp qui, par ses conseils et son exemple, m’avait ouvert la route et permis de mener à bien mon expédition!

   “Sous-lieutenant Jean BAUMONT.”


 

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