Stationnements

Commandement

 Personnels

Portraits

 Personnel en subsistance

Historique

Photographies

Historique  d'après VB 107


Le 24 février 1915 sont créées les VB 107, 108 et 109 pour former le 3ème groupe de bombardement

La VB 107 est dotée, comme les deux autres escadrilles du groupe, d'appareils Voisin de bombardement équipés de moteurs Canon Unné de 140 CV.
Le 17 mars, l'escadrille stationne à Brienne. Le 19, les nuages sont bas, le vent souffle. Le Cne BOUIN décolle avec son escadrille pour une séance de tir sur objectifs terrestres. Le sac à étuis de la mitrailleuse du Voisin n° 336 va dans l'hélice et la casse. L'avion étant à 50 m, le Sgt MAHIEU (pilote), coupe et atterrit sur un terrain de fortune. Le train d'atterrissage et la cellule brisés, l'avion est renvoyé par la direction du parc aux 2èmes réserves.
Le 20, les 5 avions restants rejoignent Belfort par la voie des airs. Dès le lendemain à 5 h 30, l'escadrille du serpent ailé reçoit l'ordre du Grand Quartier Général des Armées de l'Est d'effectuer sa première opération sur Altkirsh et Mülheim. C'est sous un vent d'est soufflant à 70 km/h, que nos cinq avions prennent l'air. Le moteur de l'avion du Cne GOUIN, cafouille et s'arrête. C'est en vol plané que le commandant d'escadrille rejoint nos lignes et se pose. Pendant ce temps, à Mülheim, les Voisin du Sgt FLANDRIN et du Cal NOGUES bombardent la gare et la caserne. Le Sgt DUFFOUR qui ne peut atteindre son objectif s'en prend à
un Drachen et à une batterie spéciale. Enfin, le Cne GLAIZE, qui a une faiblesse de moteur, l'empêchant de lutter contre le vent, se résout à bombarder un parc d'artillerie avant Altkirsh. Le 22 mars, notre escadrille rend visite à Fribourg. Le Voisin n° 331 prend feu et les aviateurs sont faits prisonniers.
Le 23, nous apprenons que la gare St-Lazare et la gare du Nord ont été endommagées durant la nuit par un Zeppelin allemand.
En avril, les bombardements se poursuivent sur la vallée de l'Ill, Mülheim, Cernay, Habsheim et Lörrach. Les Allemands ripostent violemment en arrosant de leurs bombes notre terrain et Belfort dont un magasin de munitions flambe. Le 28, nos bombes sont lâchées sur la gare d'Haltingen. Un dépôt d'armes
explose, deux locomotives sont détruites. La ligne coupée, les transports de troupes sont stoppés. Après un dur combat, un Voisin de la VB 109 est abattu par un Aviatik. Appellés en Artois, nous terminons notre séjour en Alsace par le bombardement de Metzeral le 8 mai.
Nous nous établissons sur le terrain d'aviation de Bruay et coopérons avec le GB2 pour la seconde bataille d'Artois. Entre Lens et Arras, les Allemands ont construit de nombreuses tranchées et abris que les poilus appellent "labyrinthe". Tandis que l'infanterie attaque, nous nous employons à anéantir les voies ferrées, les gares de Somain, Douai, Pont-à-Venin et l'aérodrome de la Brayelle.
Notre groupe qui a touché les avions-canons tient tête aux Aviatik et nous permet même de venir aux secours des autres avions. Début juin, nos Voisin-canons harcèlent les Drachen, interdisant pratiquement les observations. Celui de Méricourt devient même familier. Pour aider nos fantassins qui, après l'attaque du 9 mai, n'ont pu exploiter leur avancée, nous bombardons du 15 au 20 les batteries de Farbus, de Villerval et du bois de
l'Hirondelle.
Enfin, le 19 juin, le "labyrinthe" tombe. Le 22, cinq Drachen sont touchés par nos Voisin. Le 26, nous revenons de Douai avec nos avions criblés d'obus. Lors du bombardement de la gare, un essaim d'Aviatik nous entreprend. L'engagement est sévère. Arrivés à hauteur de Vitry en Artois, à 20 km des lignes, l'Aspirant GRATIOT (pilote) et le soldat VIROLET (bombardier) ont le réservoir crevé par un obus.
VIROLET, enjambant le bordage, descend dans le châssis d' atterrissage et tente de colmater la fuite d'essence qui coule dans le fuselage, mais n'y parvient pas. Le pilote, après avoir rétabli l'avion qui a été violemment secoué, coupe et tourne vers l'Ouest, allongeant le plus possible son vol plané. Ils franchissent les lignes en but à une canonnade et une fusillade, et atterrissent normalement.
Le GB3 bombarde un dépôt de munitions à Virny le 3 juillet. Puis les 13 et 14, Epinay et sa gare.
L'apprentissage est dur pour les jeunes pilotes. La vie est rude, épuisante, pénible. Le 19 juillet, nous rejoignons le GB1 et le GB 2 à Malzeville. Le 20, les trois groupes s'en prennent à la gare de Conflans-Jarny. Nos avions canons portent secours aux bombardiers en prises avec les Aviatik et mettent en fuite ces derniers. Suite à cette action, nous sommes chargés de la garde de Nancy.
Le 30 Juillet, quatre de nos avions attaquent le terrain de Vannecourt et Château Brehain. Le reste du groupe opère une diversion sur les campements à l'est de Saverne pendant que les GB1 et 2 se lancent à l' assaut des réserves pétrolifères de Pechelbronn. Le lendemain, la riposte est sévère. Près de Nancy, un appareil allemand est abattu par NUNGESSER..
Début août, notre groupe est basé à Malzeville avec les GB1, 2 et 4 où la centaine d'appareils passe sous le commandement du CDT ROISIN. Le 9 août, les quatre groupes, escortés de chasseurs, bombardent la gare de Sarrebrück. Les dégâts sont énormes. Outre la gare, la caserne de cavalerie est particulièrement touchée.
La réaction allemande est violente. Un avion-canon de notre groupe, obligé de combattre les Aviatik, tombe en vrille. Au GB4, un appareil s'abat dans les lignes allemandes, deux atterrissent en Lorraine et un quatrième en Suisse.
Le 25 août, alors que l'offensive franco-britannique est déclenchée en Champagne et en Artois, l'escadrille au complet participe à l'expédition sur Dilligen. Dès le passage de la première vague, les hauts fourneaux et les aciéries de la Sarre prennent feu. Les pertes humaines sont très élevées.

La bataille d'Artois septembre-décembre
Tandis que les trois autres groupes continuent à harceler les Allemands, nous rejoignons Humières le 3 septembre. Nous allons soutenir nos fantassins qui, sur ce front d'Artois, progressent en direction de Douai. La VB 107 va opérer dans un secteur qu'elle connaît déjà, mais où la défense anti-aérienne allemande est redoutable. Le 19 septembre, un incendie est allumé sur l'usine électrique de Pont-à-Vendin par 11 avions du groupe. Six appareils sont touchés.
Le lendemain, le même objectif est atteint, seuls deux avions rentrent intacts. Le 23, 40 obus tombent sur la gare de Cambrai. Mais nos avions se heurtent à un nouvel appareil, le Fokker E III. Le nouvel avion est très efficace grâce à sa "mitrailleuse synchronisée" qui permet le tir à travers l'hélice. Le 30 septembre, la moitié de nos avions sont atteints par les batteries spéciales lors du bombardement de la gare de Douai.
Octobre 1915, débute par des opérations sur des gares proches du front où règne une forte activité.
Après celle de Rouvoy le 2, celle de Pont-de-Courrières reçoit notre visite le 3. Les voies ferrées étant les axes préférentiels pour le ravitaillement, nos appareils bombardent Biache-Saint-Vaast le 10 octobre et incendient Achiet-le-Grand le 12. L'artillerie anti-aérienne de plus en plus précise, rend de nombreux appareils indisponibles. C'est ainsi que nous ne pouvons mettre plus de 5 avions en ligne le 4 novembre pour bombarder la gare de Boisleux. Malgré tout, le 28 novembre, les dépôts de munitions de Guillaumont flambent et sautent après notre passage.
Le Voisin handicapé par sa lenteur et par sa propulsion arrière qui empêche tout combat arrière devient vulnérable devant le numéro 1 allemand. Ainsi, notre sortie sur le terrain d'aviation d'Hervilly, au mois de décembre, qui nous oblige à livrer plusieurs combats, nous démontre que nos avions ne sont plus adaptés.

1916 Année d'épreuves
L'année 1916 voit la « Grande Guerre » se stabiliser. Pour le bombardement, c'est le déclin des expéditions de jour et une dure année d'épreuves pour nos équipages.
Le 22 janvier, le Gal JOFFRE contresigne un nouveau plan de bombardement, prévoyants des objectifs permanents. Face aux redoutables Fokker et Aviatik, notre escadrille s'entraîne au vol de nuit. Les pilotes réapprennent à piloter. Il devient difficile d'apprécier les distances, l'horizon et surtout la hauteur. On dispose des phares sur l'avant des carlingues. On balise la piste par des feux d'essence ou des voitures photoélectriques.
Le 21 février, à l'aube, 1225 pièces allemandes pilonnent les positions françaises de Verdun.
L'escadrille 107, qui devient groupe de nuit, rejoint Villers-Bretonneux, puis Esquennoy début avril.
Malgré l'attaque violente des Allemands à Verdun et la prise du fort de Douaumont le 25 février, JOFFRE refuse de renoncer à son offensive sur la Somme.
Alors que le cauchemar se poursuit à Verdun, nos avions se portent sur Roye, le Bois Sorel, le fort de Biaches et les dépôts de munitions de Crémery. L'aviation est en pleine réorganisation, mais prouve sur le champ de bataille qu'elle peut rendre les mêmes services que les autres armes.
Le fort de Douaumont est repris le 6 juin et l'offensive allemande stoppée. Le 31 juin, deux de nos avions-canons attaquent Tergnier pendant que le reste du groupe bombarde les gares de Nesle et de Roye.


Offensive de la Somme : juillet septembre 1916.
Le 1er juillet, nos appareils se portent de Péronne à Nayou sur Nesle, Roye et Ham. Un aiguillage de la gare de Saint-Quentin est détruit bloquant ainsi la circulation pour la journée. Les trains de renforts sont atteints, les victimes sont nombreuses.
Nos opérations qui sont maintenant nocturnes sont périlleuses. La gare fluviale de Voyennes est incendiée dans la nuit du 5 au 6 juillet, où 7 avions de la VB 107 larguent 36 bombes à l'anilite.
Nos Voisin-canons s'emploient à détruire les puissants projecteurs de l'artillerie allemande qui est maintenant bien organisée. Les objectifs restent les mêmes, l'escadrille du serpent ailé se déplace toujours en groupe et largue ainsi plus de 150 projectiles d'anilite de 120 entre les 9-10-20 et 21 juillet. Nous abîmons de nombreux avions, lors de nos atterrissages de nuit où les repères ne sont pas évidents.
Notre activité s'intensifie en août et septembre. Les objectifs ne changent guère, Fins, Ham, Roisel, Nesle, Tincourt, Hervilly, Guiscard. A chaque sortie quelques appareils du groupe attaquent les D.C.A facilitant ainsi la tâche de nos camarades bombardiers.
A chaque expédition, les équipages recueillent le maximum de renseignements. Prenons pour exemple le compte-rendu de la nuit du 22 au 23 septembre 1916
A ) Bombardement : 100 obus largués
- Camp d'aviation d'Hervilly éclairé....................................................09 obus.
- Les gares de Flins, Roisel, Epehy......................................................15 obus.
- Les bivouacs de Vaux, St-Pierre-VaastMoislains...............................38 obus.
- Templeux-la-Fosse, Tiucourt, Manancourt, Nurlu.............................27 obus.
- Projecteurs..........................................................................................11 obus.
B ) Batteries repérées.
- 1 Batterie en action en S/O. de Cartigny,
- 2 Batteries contre-avions à l'O et N/O du champ d'aviation.
C ) Bivouacs, lumières, feux
- Bivouac éclairé au sud de Moislans ( éteint après le bombardement)
- Lumières dans les bois au sud/est de Driancourt, de Rancourt,
- Lumières dans les bois su sud/est de Manancourt,
- Feux dans les bois de l'Epinette et Epehy,
- Feux dans le bois de Croix, de Vaux, St Vaast,
- Lumières sur la route de Fins à Péronne,
- Lumières à Aizecourt-le-Haut, Tincourt, Nurlu,
- Lumières à Lougavesnes, Fourques et Athies.
D ) Projecteurs
- 5 autour du champ d'aviation d'Hervilly,
- 2 sur automobiles entre Cartigny et Mesnil-Bruntel,
- 1 à Hamelet, Nesles (2), Langavesne (1), Aizecourt (1), Athies (2), Hombleux (1), Breuil (1), Léchelle (1),
Fins (1), Nurlu (2), Epéhy (2).
E ) Trains.
- 2 feux rouges gare d'Etricourt. Quelques feux fixes sur la voies Roisel-Epéhy-Cambrai.
- Feux blancs mobiles à Léchelle. Obscurité totale à Roisel et Péronne.
F ) Divers
Très peu de lumière et activité faible de l'artillerie dans la région allemande. Innombrables lumières dans la
région française surtout au Nord de la Somme, dans la région de Bray.
Incendie vers 20h00 à Péronne.
( compte rendu N° 228 du GB 3, nuit du 22 au 23 Sep 1916)


En octobre, nos avions s'en prennent aux terrains d'aviation. A 22H00, le 19 novembre, nous quittons le camp d'aviation d'Esquennoy pour un bombardement et une reconnaissance en arrière de la l0ème Armée. Au moment où l' avion du pilote LEROUSSEAU bombarde le bois de Champien, un obus éclate près de l'appareil, brise l'hélice et endommage fortement la cellule. Le moteur s'emballe. Le pilote coupe le contact, ferme l'essence et récupère l'appareil parti en piqué. Le maintenant en vol plané sur 15 km, il parvient à rejoindre nos lignes et atterrit près de Bus. La plupart de nos objectifs sont atteints, dont le château de Caulaincourt.
La nuit suivante, nos avions sont violemment canonnés, alors qu'ils opèrent sur les gares de Roisel et Vermand. Les trains sont atteints et explosent. Malgré la violence du vent, tandis que 3 avions-canons assurent le service de garde contre les appareils ennemis, le groupe bombarde les terrains d'aviation de Matigny, Guizancourt et Flez.
Le 23, tout le GB 3 accompagné de la VB 101 attaque en plein jour le terrain d'aviation de Grisolles.
Sur le front les pertes sont lourdes. Depuis le début de la bataille nous avons perdu près de 600 000 hommes. La bataille de la Somme se termine en cette fin de novembre sous des pluies torrentielles. Notre groupe et la VB 101 restent sur la Somme où l'activité ralentit. Nous terminons l'année par quelques expéditions sur les terrains d'aviation et les bivouacs allemands. Nous venons de prouver que l'on peut compter sur la cinquième Arme.


1917 ANNÉE TERRIBLE
Janvier 1917, le GB3 reste à Esquennoy sous le commandement du Cdt LEVASSOR. L'escadrille 107 qui a pour chef le Cne FLEURY, va garder en ce début d'année avec les escadrilles VB 108-VB 109- VC 111 et VC 113 les mêmes objectifs sur le front de la Somme. C'est sur un de ces objectifs que le Mdl LIBEYRE pilote et le Sgt LASSERRE mitrailleur disparaissent le 1er février.
Les vols de nuit se poursuivent. Les feux d'essence laissent bientôt la place aux rampes électriques alimentées par des groupes électrogènes. Ces puissants feux deviennent vite la proie des avions allemands.
Aussi, nos pilotes apprennent-ils à décoller et atterrir avec seulement leurs feux de bord. Ces méthodes périlleuses nous coûtent très cher, les accidents sont nombreux, nous "cassons du bois". Ainsi, le 11 mars, le Sgt GOUVERNET se tue au départ d'une mission. Le 15, la 107 compte trois morts supplémentaires, tués dans les mêmes conditions.
Le 12 mars, le Ministre et le comité de guerre décident d'interdire le bombardement des villes ouvertes (sauf en cas de représailles). Les bombardements seront limités aux hauts fourneaux, usines et établissements métallurgiques, aux objectifs de communications : gares de triage ou gares comprenant des magasins ou installations militaires, et enfin aux objectifs militaires : casernes, magasins, arsenaux etc...
Notre escadrille doit être transformée en escadrille de jour sur avion Sopwith. Mais les avions promis se faisant attendre, nous allons au Plessis-Belleville pour nous entraîner sur Nieuport 13 et 15 M. Comme il y a pléthore de ce type d'avion, la 107 devient provisoirement Escadrille de chasse de seconde zone.
L'escadrille 107, escadrille de marche de chasse le jour sur Nieuport et escadrille de bombardement la nuit sur Voisin, s'établit à Languevoisin près de Nesle pour effectuer des patrouilles sur le front. Notre aviation vient de s'installer dans la nouvelle zone reconquise. Les villages ne sont que tas de pierres. Les terrains d'aviation ont été labourés ou éventrés avec des mines. Certaines campagnes ont été inondées. Le 13 à la nuit tombante, quatre appareils bombardent les gares de Nesle et de Crécy-sur-Serre. A compter du 15 avril, l'avance de nos troupes nous permet d'obtenir des renseignements précis sur l'effet matériel et moral de nos bombardements. Le 16 avril, sous une forte pluie, l'offensive du "chemin des Dames" est déclenchée. Les Voisin de la 107 attaquent dans la nuit du 30 avril au 1 mai, la gare de Laon où un violent incendie est allumé, tandis que la PS 126 accompagnée de la 125, bombarde le terrain d'aviation d'Essigny-le- Petit sous la protection de 12 Sopwith anglais et les Nieuport de la 107. Pendant que nos escadrilles gravitent autour de Laon, nos propres terrains d'aviation sont bombardés et mitraillés par l'aviation allemande.
Le 2 mai, la PS 126 retourne sur Essigny, accompagnée par les Nieuport. Par note n° 10184 du 11 mai 1917, l'aviation de bombardement est restructurée. Ainsi le GB 3 est composé des VB 107, 108, 109, 113, des PS 125, 126, 127 et du parc 103. Les reconnaissances donnent naissance à un très bon service photographique.
Avec l'aide d'un officier de renseignement affecté au groupe, nos itinéraires sont mieux étudiés et nos objectifs plus facilement identifiables. Le 25, les Sgt QUINTIN, pilote et BARNICHON, mitrailleur, sont tués au cours d'un bombardement de nuit. Deux jours plus tard, ce ne sont pas moins de 1300 kg d'explosifs que notre groupe lâche sur les lignes adverses, le terrain de Nouvion-Castillon et la voie ferrée de Nouvion-la-Fère.
En juin, nos Voisin-canon facilitent toujours les bombardements de nuit en s'attaquant aux projecteurs allemands. La 126 s'entraîne au vol de groupe, car l'envergure et le poids du Schmitt ne facilitent guère le vol en formation. L'escadrille 107 en cette fin de juin 1917 se transforme sur Sopwith. Ainsi la VB 107 avec ses Voisin et ses Nieuport devient le Sop 107 avec des Sopwith.
Avec 8 de ses nouveaux avions, elle s'en prend le 4 juillet aux bivouacs de Versigny. Dans la nuit du 6 au 7, 20 avions Voisin du GB 3 bombardent la vallée de la Serre et la région de Laon. La 107 quant à elle, aligne 3 Sopwith (2 biplaces et 1 monoplace). Au décollage, un biplace se brise. Les bombardements sont
nombreux, certains équipages effectuent 2 voyages, l'Adj JAGNOT allant même jusqu'à tripler. 3128 kg d'explosifs sont largués. Le Sopwith biplace de notre escadrille allant même jusqu'à la gare d'Hirson larguer 4 bombes de 120. Le 13 juillet nos Sopwith accompagnent 18 Schmitt sur le terminal de Laon. Le S/Lt de HAUBERT de GENLIS de l'escadrille du serpent est tué en service commandé, suivi quelques jours plus tard du S/Lt FACIDIDE, pilote de la même escadrille.
Les bombardements se poursuivent dans la région de Cambrai. Le 29, la nuit est tombée, un à un les avions du groupe quittent leurs terrains. Notre objectif Pouilly-sur-Serre n'est pas encore atteint que les Allemands fondent sur nous. Nos Schmitt ne réussissent pas à rester grouper. Les formations sont de plus en plus nombreuses. Le Mdl BEARBE pilote et son mitrailleur DION sont tués suivis peu après des caporaux DEMAISON pilote et PERRIER mitrailleur. Devant la brusquerie du combat, les Schmitt renoncent. Le 31, dans les Flandres, sous une pluie battante, les troupes franco-britanniques se lancent à l'assaut en direction d'Ypres. Les Allemands reculent vers Gand, Mond et l'Est.
Le 8 août, l'escadrille du serpent ailé attaque avec ses Sopwith le terrain d'aviation de Mont d'Origny.
Les PS 126 et 125 avec les Sopwith de notre 107, survolent Cambrai le 18 août, larguent leur cargaison d'explosifs sur la gare et allument un incendie.
Quelques jours plus tard, les Sop de la 107 reviennent seuls sur le même objectif. A Verdun, les Français reprennent l'offensive, occupent les deux côtés de la Meuse, les sommets de "Mort homme", les bois des Corbeaux, d'Avocourt et de Cumières. Nos collègues des autres groupes prennent une part active à la
bataille.
Les 3 et 4 septembre, les Schmitt de la 126 larguent leurs obus sur la voie ferrée de St Quentin à Bohain et incendient la gare de Fresnoy-le-Grand. Nos Sopwith de la 107 quant à eux, ne changent guère, ils bombardent la gare de Cambrai. La nuit suivante, les Schmitt s'en prennent aux gares de Montcornet, Marle et Guise. Nos Sopwith accompagnés de la Sop 128, attaquent Fresnoy-le-Grand les jours suivants. Un avion de la 128 est pris à partie par six chasseurs qui le descendent en flammes.
Le 26, l'émotion est grande au groupe, nous venons d'apprendre la mort de Guynemer. Le mois se termine sur la gare de Fresnoy-le-Grand. Notre groupe est très compact, outre nos Sopwith et nos Schmitt quelques chasseurs nous accompagnent. L'objectif est atteint, mais un dur combat s'engage d'où nous sortons
sans perte.
Début octobre, le GB 3 toujours sous les ordres du CDT LEFORT se compose : des Sop 107 (Ltt de GEFFRIER), Sop 128 (Cne de la MORLAIS) stationnées à Flez, des VB 113 (Cne CADAUX), PS 125 (Cne GLAUDAZ), PS 126 (Ltt PAPIN), PS 127 (Ltt ABADIE) stationnées à Campien et enfin du Parc 103 (Cne
CASEL) stationné à Roye.
Le 11 octobre, les dépôts du Catelet sont bombardés. Le 16, nos avions larguent 1120 kg de projectiles sur les dépôts de Bohain et la gare de Fresnoy et 520 sur la gare de Cambrai.
Le 17 octobre est une grande date. 16 avions des Sop 107 et 108 se heurtent à plusieurs escadrilles allemandes : "La bataille du Mont d'Origny" est rude, l'adversaire supérieur en nombre et en armement engage une bataille inégale.
Le Cal HURTEAU pilote et le Sgt CELLE mitrailleur de l'escadrille 107 sont tués en combat aérien, ainsi qu'un équipage de la 108. Un avion de chasse allemand est abattu. Grâce au courage des Sopwith, les Schmitt peuvent lâcher tranquillement 360 kg de bombes sur la gare de Mont d'Origny et 1060 sur celle du
Catelet.
Le mois se termine par des expéditions sur les gares de Cambrai, de Mont d'Origny, du Catelet, du Cateau, de Crépy, de Mortier, d'Assis sur Serre, sur les cantonnements de Queue-Monceau et la forêt Daudry.
Les objectifs se situent entre 5 km (Catelet) et 28 km (Cateau) après les lignes.
En novembre, le Sopwith a perdu la faveur des pilotes, il est peu rapide et peu maniable face aux triplans allemands, Albatros, L.V.G et Aviatik, ainsi qu'aux Halberstadt très rapides. Le 20, alors que nos avions survolent Cambrai, des monstres d'acier vomissant le feu de leurs canons et mitrailleuses percent les lignes allemandes. 375 chars britanniques viennent de lancer la première charge blindée de l'histoire.
En décembre, la 107 se transforme sur Bréguet XIV B2. Ce nouvel avion, biplace, biplan est léger, le bois et l'acier sont remplacés par un nouvel alliage léger d'aluminium à haute résistance mécanique le "Duralumin". Sûr, maniable, il est muni d'une double commande. Enfin le bombardement vient de toucher un
excellent avion.


1918 Année victorieuse
L'année 1918 est riche et lourde d'événements pour notre aviation de bombardement. Le 3 janvier quand la nuit est tombée, 8 Schmitt du GB3 larguent 1550 kg de bombes sur les gares de Vadencourt et de Guise. Puis la PS 126 se transforme à son tour sur Bréguet. Les équipages ont une grande confiance en ce
nouvel appareil. Les chasseurs allemands ne peuvent atteindre le plafond des bombardiers. Mais avant d'atteindre 5000 mètres, nos Bréguet se heurtent parfois à des avions plus rapides. Notre groupe qui s'est installé à Champien opère avec la 3ème Armée. L'activité est faible durant la première quinzaine de janvier.
En prévision d'une offensive allemande, nous recevons des listes d'objectifs à bombarder de jour et de nuit. Vers la fin du mois, les Allemands lancent leurs bombes sur Calais et Dunkerque. Le 1er février, 4 escadrilles de Gotha bombardent Paris faisant plus de 100 morts. Le 10, les groupes de jour et de nuit sont
séparés.
Nos 2 escadrilles, les BR 107 et 126 font partie des groupes de bombardement de jour, plus précisément du groupement Féquant. La mission définie est le bombardement des terrains d'aviation et des gares dans la région Laon-Montcornet, ceci en temps normal. En période d'offensives, les missions sont modifiées, le bombardement du champ de bataille et des voies de communication devient prioritaire.
La BR 107 s'en prend au dépôt et à la gare de Fresnoy-le-Grand le 17 février et largue 1 tonne d'obus.
Deux jours plus tard, neuf de ses Bréguet lancent 48 obus sur le dépôt de la ferme Dandry. La BR 126, qui le même jour bombarde les gares et les dépôts de Ribemont et de Guise, perd un équipage. Le mois se termine par des missions sur les voies ferrées de Laon-la-Fère, Laon-Pouilly, Chauffeur et la ferme Dandry.
Le 8 mars 1918, 7 Bréguet de l'escadrille 107, 8 de la 126 et 5 de la 128 malgré une forte brume au sol, attaquent la gare de Laon. A l'est de l'objectif, des Albatros attaquent les Bréguet de la 107. Le combat est rude, les Bréguet 1272, 1277 et 1278 sont descendus, les équipages tués sur le coup. Six autres avions du groupe sont touchés. Outre les 3034 kg de bombes larguées sur l'objectif, les renseignements recueillis sont d'une grande importance. La grande activité, relevée dans les gares et les dépôts nous laisse présager d'une offensive prochaine.
Le 12, le groupe fait mouvement vers le terrain de la ferme de Maisonneuve. Après les combats du 8, nos Bréguet se maintiennent maintenant à haute altitude pour leurs bombardements. Les objectifs ne varient guère.
Le 15, 2200 kg de projectiles atteignent la gare et les croisements de lignes au Nord-Est de Laon. Au retour, un avion ennemi d'une patrouille de 4, attaque l'avion du Caporal ROGER et du Maréchal des logis ALEXANDRE. Ce dernier tire 160 cartouches et atteint l'Allemand qui abandonne. Le Bréguet, ayant 2
longerons, un mât et les haubans reliant la dérive au stabilisateur sectionnés, réussit à se poser sur le terrain de Mont de Soissons.
Le 17 mars, les nuages bas nous empêchent toute expédition précise. Six avions de l'escadrille 107 et sept de la 126, larguent des tracts. Il est 10 h 30, le lendemain, quand 25 Bréguet prennent l'air sous les ordres du Commandant POUDEROUX pour bombarder le château de Marchais. A 12 h 15 la visibilité est parfaite, le vent est faible. 157 obus sont largués à 4500 m d'altitude.
L'équipage du Maréchal des logis Des SALLES (passager) et du Caporal SOIRY (pilote) passe les lignes sous le groupe à 3900 mètres. Attaqué par un Albatros D III détaché d'une patrouille de 5, l'équipage accepte le combat. L'ennemi ayant épuisé ses munitions abandonne et est remplacé par un second, puis un
troisième avion. Le combat se termine à 400 m d'altitude. L'avion qui n'a pas été atteint, rentre dans nos lignes sous les feux des mitrailleuses des tranchées allemandes. A 12 h 50, tous les avions ont rejoint le terrain.
Le 21 mars à 4 h 30 du matin, 7 000 canons donnent le signal de l'offensive du Général Erich LUDENDORFF qui s'efforce de séparer les armées françaises et anglaises. Les BR 107 et 126 sont immédiatement engagées dans la bataille avec le groupement FEQUANT. Les assaillants parviennent à franchir
nos premières lignes au prix de lourdes pertes. Le 23, les parisiens font connaissance avec la "Grosse Bertha" qui avec son énorme canon pilonne Paris à partir de la forêt de St Gobain.
L'ardeur de nos équipages permet 31 sorties le 24. Nos avions s'en prennent aux convois, aux troupes et aux batteries dans les régions de Clastres, Grand Séraucourt, Coutescourt, Benay, Liez, Essigny le Grand, St Quentin, Ham, Villers St Christophe. A 13 h 20, une patrouille ennemie attaque notre groupe. Le Ltt BARJAUD tire sur 2 avions ennemis qui piquent vers le sol à Essigny le Grand. Entre la Fère et Essigny un appareil est pris à partie par un avion allemand. Les Français tirent sur l'intrus qui part en vrille.
Le Cne ROCARD attaqué à la fois par le dessus et le dessous riposte sur le plus bas et le descend. A 16 h 00 en vue des lignes, les monoplaces allemands abandonnent le combat. Tous nos avions sont criblés de balles. La BR 107 s'en prend alors à 3 Drachen. Un est détruit au sud de Liez, l'observateur saute en parachute et descend vers nos lignes. Les 2 autres au nord de Ham sont vivement ramenés à terre. L'équipage de l'aspirant ROUX et du Maréchal des logis CHAUDET de l'escadrille 126 est porté disparu. Il a été vu en vrille dans la région de Clastres-Essigny.
Le lendemain, l'activité est plus calme. Nos avions bombardent les voies de communication au nord de Jussy (ponts et passerelles sur le canal de St Quentin) et reconnaissent les lignes entre Tergnier et Jussy. Le 26, tandis que la BR 107 attaque à la mitrailleuse les troupes et les convois, la BR 126 lâche ses obus sur Jussy, Noyon, Nomesnil et Viry.
Nos équipages fournissent des efforts surhumains. Mais nos mitraillages et bombardements obligent les Allemands à se cacher et à se disperser. Nos missions de sacrifice stoppent l'offensive. Le 27, nos escadrilles effectuent plus de 30 sorties sur le champ de bataille. Alors qu'ils attaquent un convoi, le Sgt DROUET et le Cal VANDECASTEL ont leur avion touché et se posent à Mesnil-St-Georges. Les Allemands approchant et bombardant le terrain, ils essaient d'utiliser un des quatre appareils laissés dans les hangars, sans pouvoir y parvenir. Ils démontent alors les mitrailleuses, les chargent sur une auto française, mettent le feu aux appareils et hangars puis se replient avec les derniers fantassins.
Le 28, nous reconnaissons des groupes de fantassins en bleu, à Assainvillers et Ayencourt, nous confirmant ainsi la résistance de nos troupes. Le lendemain, en vue d'une contre-attaque, une coopération entre l'aviation et les autres armes est mise au point. L'ennemi se déplace entre Roye Grivillers et Beuvraignes.
Montdidier nous paraît abandonné. Le mois se termine par des bombardements sur Roye, Noyon et Montdidier sous une protection efficace de nos amis chasseurs.
Début avril, devant l'importance de l'offensive, le général FOCH qui a proclamé il y a quelques jours "il n'y a plus un mètre du sol de France à perdre", nous demande de coopérer avec les autres armes et surtout d'éviter le combat avec l'aviation allemande en sacrifiant notre mission. Il faut dire que déjà, le Bréguet XIV n'est plus le maître incontesté de l'air. Malgré l'installation de réservoirs largables, d'une mitrailleuse sous le fuselage, il ne peut se défendre qu'avec peine contre les nouveaux chasseurs allemands plus maniables, plus rapides, montant plus haut et plus vite. La première semaine, la bataille se stabilise, le front franco-anglais se consolide. La route de Paris est fermée à l'armée allemande. Les BR 107, 126 et 128 larguent 195 obus de 115
et 123 de 75 sur Roye et Jussy le 1er avril; Le 2, le vent et la pluie font rage, à 15 h 45, les 3 escadrilles prennent l'air et larguent 2 tonnes d'obus sur Flavy-le-Martel et Bonneuil. Le lendemain, les ordres d'opérations n'étant pas arrivés à 9 h 00, le Commandant du groupe nous donne l'ordre de bombarder les objectifs de la veille. Le 5 avril, cinq appareils de la BR 107 pris par la brume et les nuages, atterrissent sous la direction du Cne de GEFFRIER près de Luzarches. Le Sgt BENDIX capote à l'impact.
Le 6 avril, 15 avions des BR 126 et 128 vont bombarder notre ancien terrain de Champien. Le temps est très nuageux, 2255 kg sont largués à la faveur des trouées de la couche. Sur le terrain de Champien de nombreux appareils sont alignés au sol. Les Allemands procèdent à l'enlèvement des Bessonneaux. Le
lendemain, les trois escadrilles qui retournent à Champien sont prises dans les nuages et ne peuvent atteindre l'objectif.
Le 11 avril 1918, cinquante avions de notre groupe, par un temps très nuageux, bombardent Montdidier, les cantonnements de la vallée de l'Avre et encore le terrain d'aviation de Champien. Une vingtaine d avions sont observés au sol, tandis que quelques uns prennent l'air à notre arrivée. Nos anciens Bessonneaux
prennent feu et des avions sont détruits. Au retour le Cne PAPIN, commandant la PS 126, tire 200 cartouches sur un Drachen au sud du bois de Lignières et le force à descendre.
Le 12, notre groupe rend visite aux gares de St Quentin, Chauny, Jussy, Noyan et Happlincourt. Il est 18 h 00 quand nos avions larguent des obus de 115 et 75 sur un train de munitions à Hepplincourt. Deux fortes explosions retentissent et une épaisse colonne de fumée noire s'élève de la gare. Un avion D III est abattu par l'équipage BROUET-MONARD. Puis les expéditions se succèdent sur les cantonnements et les troupes ennemies de la vallée de l'Avre jusqu'à la fin du mois. Le 19 avril, le groupe effectue 13 sorties sur Plessiers- Rozainvillers, Beaucourt, Mézieres, Moreuil, Roye et le Quesnel. Le 20, la plupart des pilotes, observateurs et mitrailleurs qui prennent part aux bombardements de Caix, le Quesnel et Hangest en Santerre sont indisposés par le froid. L'Adj SUZANNE de la BR 107 subit même une congélation assez grave à la face. Le 22, après "l'as des as , le "baron rouge" disparaît dans la vallée de Somme.
Le 27, les escadrilles 107, 126 et 128 mettent en ligne 42 avions et larguent 5183 kg d'obus de 115, 90 et 75 sur les objectifs habituels. En 15 jours, le groupe vient de lancer 983 obus en 93 sorties.
Les Français et les Anglais ont repris la maîtrise du ciel. Les aviateurs deviennent un élément de succès dans la bataille. Lors des expéditions, les chasseurs opèrent une diversion sur les lignes pour attirer  l'aviation allemande. Au retour, ils viennent à notre rencontre et nous protègent pour rejoindre nos lignes.
Alors que la bataille de Picardie s'achève, nous faisons mouvement sur Fourneuil. Un nouveau secteur de bombardement nous est dévolu. Il comprend les régions de Nesle, Ham, Roye, Noyon et St Quentin. Ainsi le 2, 26 Bréguet des BR 107, 126, 128 et 2 de l'Etat-major prennent l'air à 10 h 00 pour aller bombarder Ham, et malgré une DCA très nourrie, larguent 190 obus sur l'objectif.
L'Asp CABANNES, pilote et le Sgt MURRACIOLE, atteints par un obus, sont descendus en flammes. Le lendemain, les mêmes avions mettent le feu au dépôt de munitions de Ham et à la distillerie de Sébastopol (S.E d'Ham). Le 4, 26 avions des escadrilles bombardent la gare de St Quentin.
Le 6, les 107 ,126 et 128 profitent d'une éclaicie pour larguer 3 tonnes d'obus sur Flavy le Martel. Mais ayant perdu du temps avant de découvrir l'objectif à travers les nuages, 7 appareils sont à cours d'essence et atterrissent sur divers terrains sans incident. Le Ltt ROUSSELET, livre un combat à 7 Albatros avant de se poser indemne à Ribecourt. Le 8, trois équipages américains sont affectés au groupe. Le 9 mai à 11 h 10, 27 avions quittent notre terrain pour une visite à Flavy le Martel, Roye, Ham et Guiscard. Le Mdl GENOT et le S/Lt JARDIN de la BR 107 sont descendus dans la région de Roye.
L'expédition du 10 met le feu aux dépôts de la gare de Flavy. Le lendemain, alors qu'ils ont terminé leur bombardement, les Bréguet de la 107 sont attaqués par des Albatros. Le Cne de GREFFIER et le Sgt MARSEILLE tirent plus de 150 cartouches sur un avion ennemi qui tombe à la verticale et se perd dans la
brume. L'équipage du Cal LEBEGUE et du S/Lt LACLAIS réussit à se débarrasser de ses trois adversaires. Son avion atteint de plusieurs balles, le radiateur crevé et surtout les commandes coupées, atterrit en catastrophe à Ambleny. Le 15 mai, 23 avions du groupe FÉQUANT bombardent la gare de Nesle. Mais nous ne comptons plus sur nos chasseurs, appelés à d'autres missions plus importantes. Aussi quand après avoir reconnu que le terrain de Champien est abandonné, 5 albatros nous foncent dessus, un Bréguet est atteint d'une balle incendiaire et un autre criblé d'obus.
Le 16, à 13 H 15, 22 avions des BR 107, 126, 128 et 2 de l'Etat-major accompagnés de 75 Spad mettent le feu aux baraquements de Roye. Le 18, après avoir incendié la gare de Nesle, nos Bréguet se heurtent à une forte chasse adverse. Notre groupe se défend farouchement et abat en flammes trois avions. La BR 107 perd un équipage : le Mdl BENDIX, pilote et le Cal DÉCOURBE, mitrailleur. L'équipage, Cal LEFOLL et mitrailleur JOYET, de la même escadrille, ont leur appareil criblé de balles et les réservoirs crevés. Parvenant à ramener l'avion jusqu'à Fouquerolles, ils capotent à l'arrivée et brisent l'appareil.
Le 20, l'expédition est plus calme sur St Quentin. Le 22, l'objectif est toujours le même. A 7 h 00 une patrouille de six triplans Fokker attaque notre avion de queue au-dessus de Saint-Quentin. Le pilote, S/Lt JOURDAIN de la 107, est blessé à la cuisse. Le groupe engage le combat et dégage l'avion. La patrouille
allemande prise sous le feu de 10 de nos appareils abandonne le combat au passage du canal Crozat. Le S/Lt Jourdain atteint d'une seconde balle au pied, réussit cependant à ramener son Bréguet endommagé.
Le 27 mai, avec un effet de surprise totale, le commandement allemand qui n'a pas renoncé, attaque sur le chemin des Dames, bouscule les Anglais et les Français sur les ponts de l'Aisne à Maisy et Oeuilly.
Mission est donnée à nos avions d'attaquer la masse qui déferle vers la Marne. Nos avions bombardent la région de Soupirs et larguent 2400 kg d'obus. Un avion de la 126, pris à partie par 2 avions ennemis, flambe et s'écrase, tuant les Sgt des SALLES et LINGUEGLIA. En quelques heures, Fismes est pris.
Le 28, tandis que la poussée allemande continue, nos avions bombardent les routes et les convois dans la région de Fismes. 1500 kg d'obus sont largués et un avion ennemi est abattu. La 6 ème Armée française est repoussée, Soissons tombe. Le lendemain, les Allemands parviennent à 5 km de la Marne. Notre groupe prend position à Champeaufert et attaque les vallées de la Vesle et de l'Ardre.
Le 30 mai, les allemands qui ont franchi la Marne à Dormons et à Château-Thierry, commencent à s'épuiser. Mais pour les Parisiens, c'est la panique, ils repensent aux heures sombres de septembre 1914, les troupes du Kaiser ne sont qu'à 90 km de la capitale. Mais Pétain est décidé à tenir coûte que coûte.
Nos troupes se reprennent. Nos avions sont partout, sur Fère, Courville, St Gilles. Le 31, 32 avions du groupe bombardent Fismes, le terrain de Bonne-Maison et les importants convois entre Coulonges et Fère, Coincy et Recourt, à Bruy, Jonchery, Launois, Hourges etc...
Nos escadrilles sont déchaînées, attirées par la bataille, elles poussent même jusqu'à Fère-en- Tardenois.
Le 1er juin, le groupe FÉQUANT laise la région de Fisme pour le Tardenoy. Les Allemands progressent vers la vallée de l'Ourcq. Le 2 juin, tous les bombardiers se rencontrent à Oulchy-le-Château. Le 3, nos groupes opèrent avec le groupe MÉNARD. Le lendemain, alors que le « Tigre » déclare qu'il ne faut céder à aucun prix, les Allemands sont enfin arrêtés à la lisière de la forêt de Villers-Cotterêts.
Tout le bombardement est concentré dans cette bataille. L'escadre 12 lance à elle seule 17 tonnes d'explosifs. Mais ce sont nos escadrilles qui lancent le plus fort tonnage de projectiles. Les bombardiers font l'admiration de tous, ainsi à la tombée de la nuit, les fantassins de la 28ème division sortent des trous d'obus en agitant, vers les avions, leur casque au bout de leur fusil. Ainsi prend fin la bataille de l'Aisne.

Le 09 juin, le Général VON HUTIER veut ouvrir une route vers Compiègne et l'Oise, et enlève le bois de Lassigny. Cette offensive est baptisée : Bataille de la Matz. Le Groupement Ménard (Escadre 12) est d'abord seul à opérer. Nos armées qui, dans un premier temps reculent, se ressaisissent puis contiennent l'offensive le 10 et le 11. Nos escadrilles font mouvement sur Bléquencourt le 11 pour soutenir l'Escadre 12. Dès notre arrivée, nos avions partent à l'assaut. Les chasseurs allemands sont nombreux, les GB 3 et 4 larguent 15 tonnes d'obus au milieu d'un dur combat où 150 000 cartouches sont tirées. Le lieutenant D'ANGLE, observateur de la 126, est mortellement blessé. Le 12, nous soutenons la contre-attaque du Général MANGIN sur la ligne Orvillers-Sorel, Motemer. La route de Paris reste entre nos mains. Le 14, nos avions participent au bombardement de Soissons.
Début juillet, notre brigade se met au repos. Le 5, elle se transporte dans la région de Sézanne, à Linthelles et à la ferme de la Perthe, pour opérer dans la région de Château-Thierry où nos reconnaissances aériennes nous laissent présager d'une attaque allemande imminente.
Le 14 juillet, le Chef d'escadron DESPREZ de LA MORLAIS succède au lieutenant-colonel POUDEROUX à la tête de la 13ème escadre. Le 15, dès le petit jour, notre escadre est engagée dans la grande offensive de la Marne, "Bataille de l'Empereur". Le ciel est couvert, les nuages sont bas. La 4ème armée, après
un repli volontaire, consolide ses deuxièmes lignes sur lesquelles se heurtent les Allemands. L'offensive est brisée, l'ennemi bat en retraite, tandis que 62 avions de notre groupe lancent 9 tonnes de projectiles.
La concentration d'artillerie est impressionnante. La nuit, le spectacle est fantastique, les villages flambent, les explosions éclairent le ciel et les obus laissent des traînées blanchâtres.
Le bombardement est lancé en masse dans la bataille. Nos avions attaquent à basse altitude, reviennent au terrain, font le plein d'essence et de bombes et se relancent dans la mêlée. Le 17, tandis que les Allemands repassent la Marne, nos appareils détruisent les ponts entre Dormans et Tréloup. Notre groupe y laisse quatre équipages.
Le 18 juillet, la bataille est gagnée, nos équipages oubliant la sécurité ont joué un rôle primordial. Pour la première fois depuis 1916, le front allemand cède. En lisière de la forêt de Villers-Cotterets, le sol vibre, 300 chars de la l0ème Armée du Général MANGIN s'ébranlent. Entre Torcy et le bois Belleau, la 6ème Armée du Général DÉGOUTTE progresse vers Château-Thierry. A l'est, la 5ème et la 9ème Armée accentuent leur pression. La bataille de la délivrance est commencée.

Bataille de l'Ile de France 18 juillet - 4 août
De partout, la contre-offensive française est déclenchée. Le bombardement de jour s'efforce d'interdire aux Allemands de repasser la Marne pour s'enfuir. Puis, il attaque les troupes et les renforts ennemis qui s'efforcent de rétablir le front Villers-Cotteret, Oulchy-le Château, Fère en Tardenois.
"Le passage de la Marne est infernal" confesse un général commandant un des corps d'assaut allemand. Le Général commandant les pionniers allemands chargés de l'établissement des passerelles sur la Marne est tué par une bombe d'avion. Sous la menace des pelotons compacts des bombardiers français, les
troupes ennemies se dispersent et se cachent derrière le moindre obstacle.
Le 19 juillet, notre brigade survole la région entre Chacrise et Fère-en-Tardenois. Le 20, les Allemands commencent à lâcher pied. Le 21, notre mission est d'augmenter la confusion dans les arrières de l'ennemi. Le 22, notre groupe se concentre sur les vallées de la Vesle et de 1'Ardre, sur Jonchery, Muizon, Fismes, Savignysur-Ardre, Fère-en-Tardois, Coulonges,Arcy-Sainte-Restitue.
Le 23, notre escadre est renforcée par l'Escadrille de protection triplace C 46, commandée par le Cne BLOCH. La 46 est une escadrille réputée, déjà titulaire de deux citations à l'ordre de l'Armée. Le 24 juillet, notre groupe stationne à Roissy-en-France. Coopérant avec l'Armée MANGIN, nous sommes engagés entre
l'Aisne et la Marne. Jusqu'au 4 août, les objectifs sont communs à tous les bombardiers : les voies ferrées, les vallées de l'Aisne, de 1'Ardre et de la Vesle. D'importants incendies se déclarent, les trains sautent, le harcèlement de nos avions sur les bivouacs empêche tout repos de l'adversaire.


Bataille du Santerre 8 août - 4 septembre
Notre escadre, ne modifiant pas ses bases d'action, va participer à l'offensive de la 1ère Armée. Nos attaques aériennes vont appuyer l'Armée DEBENEY et la 3ème Armée de RAWLINSON qui vont réduire la poche de Mont-Didier.
Le 8 août, est "jour noir" pour l'armée allemande. A la faveur d'un épais brouillard, les Forces alliées l'assaillent de toute part. Le 9, nos avions bombardent la gare de Roye et poussent même leur expédition jusqu'à Avricourt. Le lendemain, nous mettons 79 appareils en ligne pour bombarder la vallée du Matz où les troupes allemandes reculent vers Lassigny et Noyon. Mont-Didier est repris. Les jours qui suivent, nos avions sillonnent le champ de bataille, mitraillent et bombardent à basse altitude. Le 20 août, malgré un temps épouvantable, nos équipages volant par petits groupes à moins de 400 mètres d'altitude, lancent 15 tonnes de bombes et tirent 10 000 cartouches sur l'Oise et l'Ailette, sur Laffante, Vauxaillon.
Le lendemain, nos escadrilles se portent sur Channy. Dure expédition où nous livrons 12 combats.
Outre nos blessés, le Mdl ALEXANDRE et le Cal HENNEQUIN disparaissent dans les lignes ennemies.
Le 26, nous perdons l'équipage d'un Caudron RXI de la C 46. Le lendemain, après un rude combat contre 6 Fokker, notre groupe en incendie 2. Le 28, les Allemands se replient des fronts de la Somme et des Flandres. Le 29, un de nos appareils est détruit par la DCA allemande. Le 30, le Cne DUSEIGNEUR remplace le commandant FÉQUANT.
Notre Escadre, engagée entre l'Oise et l'Aisne, vient de lancer 50 tonnes de bombes, de livrer 21 combats, d'abattre 8 avions ennemis et d'en perdre 3.


Bataille de Saint-Mihiel 12 septembre - 30 septembre
Le 7 septembre, l'escadre se transporte dans la région de St Dizier pour participer, le 12 septembre, à l'offensive américaine sur la boucle de St Mihiel.
Le 12 septembre, le vent souffle en tempête, les nuages sont très bas. Nos appareils décollent sous l'ouragan, glissent, se redressent péniblement et ne se maintiennent en vol que par la fermeté de nos pilotes.
C'est dans ces conditions pénibles que notre groupe bombarde entre Vigneulles et Conflans. La patrouille du Cne ROCARD est surprise par 8 avions de chasse. Un Bréguet succombe dès l'engagement. Le Cne ROCARD qui se porte à son secours, abat un Fokker mais paye de sa vie son geste généreux. Le dernier Bréguet qui prend feu sous la mitraille, largue son réservoir et se pose dans nos lignes. L'observateur a une balle dans le genou et le pilote est gravement brûlé.
Le 13, le temps ne s'améliore pas. Les 22 appareils restant disponibles agissent dans la région de Thiaucourt, Sponville et Damvitoux. Des Flandres à la Moselle, de Paris à Amiens et Nancy, les Alliés manoeuvrent librement.
Le 14 septembre 1918, est une date glorieuse pour notre bombardement, mais aussi la plus douloureuse. Notre commandant d'escadre envoie sur Conflans nos camarades du GB 4 escortés des Caudron de la C 46.
Nos 33 avions, après avoir franchi les lignes à l'est de Verdun, sont assaillis par 2 puis 3 patrouilles allemandes. Pendant 40 minutes, 28 avions ennemis dont plusieurs Fokker D 7 s'entremêlent avec nos Bréguet et Caudron. Dans cette lutte à mort, l'avion du Ltt de VILLÈLE et du Cal VALAT est atteint par des balles
incendiaires. L'appareil flambant comme une torche est maintenu par son pilote dans la patrouille. Le Cal VALAT au milieu des flammes, continue à faire feu de ses deux mitrailleuses, jusqu'au moment où l'appareil pique pour s'écraser au sol. Quatre avions ennemis sont abattus, mais 5 des nôtres ne rentrent pas.
A la suite de ces durs combats, dont toute l'armée américaine a été témoin, le Gal PERSHING tient à apporter personnellement ses félicitations aux équipages. Après le succès de l'offensive américaine, notre escadre opère en Champagne.


Bataille de Champagne-Argonne 25 septembre-11 novembre
II s'agit maintenant de réduire l'énorme protubérance que constitue le front allemand en France et que marque la puissante ligne HINDENBURG. Deux attaques sont décidées, celle des Anglais en Picardie et celle des Français en Champagne-Argonne.
Le 23 septembre, tout le bombardement de jour est groupé sous les ordres du Cdt de GOYS. La brigade de bombardement ainsi constituée a sa propre autonomie. Nos escadrilles 107 et 126 sont toujours stationnées à Combles et la C 46 à St Dizier. Le 25, les brigadiers JEANROY et JACOB de la BR 126 sont tués en service aérien.
Le 27, nous appuyons l'action de la IVème armée sur Sommepy, Attygny, Cernay, Vouziers, Challerange, Amagne et Lucquy. Le lendemain, sur l'Yser, les troupes du roi ALBERT 1er passent à l'action et font fléchir les Allemands. Nos bombardiers descendent entre 200 et 300 m pour mitrailler les troupes
allemandes en liaison avec notre infanterie, entre Marvaux, Mouthois et Séchault. Le 29, le secteur reste le même, mais l'action des bombardiers s'intensifie.
A partir de cette époque, les expéditions de l'escadre 13 s'effectuent dans de meilleures conditions.
Dotée d'une deuxième escadrille triplace de protection, et appuyée par l'aviation de chasse de la Division Aérienne, la 13ème escadre s'engage en masse par pelotons bien groupés.
En voyant passer nos bombardiers, les troupes à terre s'enthousiasment. Le 1er octobre, la Brigade bombarde les terrains d'aviation de Juniville et Vouziers. Le 2, nos escadrilles font partie des 120 avions de la Brigade de GOYS qui lancent 22 000 kg de bombes et tirent 11 500 cartouches sur les mêmes objectifs où le "plafond basse altitude" oblige des passages à moins de 200 m. Le 3, on recommence avec 223 avions et lançons 50 tonnes d'explosifs. Le 5, nos avions évoluent entre 300 et 800 mètres sur les vallées de la Suippes, de l'Arnes et de la Retourne.
Le 9, nous effectuons une attaque de diversion sur Damvillers pour faire craindre aux Allemands une attaque terrestre vers Metz et empêcher le déplacement de leurs réserves (150 avions en lignes - 33 tonnes de bombes larguées et 4 000 cartouches tirées - 9 avions ennemis abattus -1 équipage perdu).
"... Nos avions évoluent entre 300 et 800 mètres, sans rencontrer d'opposition sérieuse. Les chasseurs allemands reculent avec l'armée en retraite et leurs terrains ont été ramenés à une distance qui leur interdit des initiatives fructueuses. Mais ils n'ont pas abdiqué. Dans les derniers jours de la guerre nous assisterons, au contraire, à des attaques isolées d'une audace insensée. Les chasseurs allemands se précipitent avec rage sur nos formations, les fusillent à bout portant, dans une sorte de fureur désespérée, dont nous aurons, les hostilités terminées, la véritable explication.
Les chasseurs allemands étaient excédés des reproches que leur prodiguaient, avec un manque absolu d'équité, les Généraux de l'Armée de terre, les accusant d'être incapables d'arrêter les bombardiers français..."
Le 10 octobre, la brigade effectue le célèbre bombardement de Vouziers. La population civile avertie, avait déserté la ville. Dès la première vague, nos 164 avions larguent 36 tonnes de bombes, la gare s'écroule suivie de peu de la briquerie. A la seconde, les troupes allemandes se retirent vers Pauvres.
Le 12, Douai et Lille sont libérées, les Allemands se replient dans les Flandres mais opposent une dure résistance.
La première phase de la bataille de France se termine par une brillante victoire, après quinze jours de luttes ardentes au cours desquelles les bombardiers de jour ont inscrit une des plus belles pages de leur si glorieuse histoire.
Le 18 octobre, la retraite allemande s'accélère, les objectifs s'éloignent. Nos escadrilles rejoignent le terrain de Coupeville pour soutenir la 5° Armée.
Le 27, nos Bréguet prennent l'air sous un temps brumeux et une visibilité quasiment nulle, pour coopérer avec les fantassins en mitraillant les colonnes, les aérodromes et les batteries dans la région de Séraincourt. Le 29, nos avions bombardent la région de Remancourt et empêchent les Allemands d'être relevés.
L'ennemi recule, mais défend ses positions avec acharnement.

Le 1er novembre, nos Bréguet participent, avec les 150 avions de la brigade, aux bombardements qui permettent de dégager Noirval et Châtillon-sur-Bar. Nos troupes perdent du temps à dégager les chemins encombrés de matériels abandonnés. Le 4 novembre, après 2 jours brumeux et nuageux, le temps s'éclaircit.
Aussi notre Escadre en profite-t-elle pour lancer 38 150 kg de bombes sur Besace provoquant d'énormes embouteillages. Au retour, nos avions sont engagés par 5 Fokker D 7. Nos Caudron rejoints par 7 Spad nous dégagent en abattant 2 avions allemands.
Le 5, le mouvement de repli s'étend de l'Escaut à la Meuse. Le 6, nos fantassins progressant vers Sedan, Rethel, Rozoy, nos avions les soutiennent. Le 8, profitant des rares éclaircies, des avions opèrent entre 100 et 500 m sur les routes de Grève et St Marcel. Nous observons que des draps blancs sont accrochés aux clochers et aux maisons de Marnecourt et Boulzicourt, à plus de 20 km à l'intérieur des lignes allemandes. Les routes sont encombrées par de longues colonnes et convois. Les Allemands se retirent pressés par nos troupes.
Nos avions talonnent l'ennemi, bombardent des fouillis inextricables de convois et de troupes qui encombrent toutes les routes, notamment celle de Mariembourg à Philippeville.
Le 1er novembre, nos Bréguet participent, avec les 150 avions de la brigade, aux bombardements qui permettent de dégager Noirval et Châtillon-sur-Bar. Nos troupes perdent du temps à dégager les chemins encombrés de matériels abandonnés. Le 4 novembre, après 2 jours brumeux et nuageux, le temps s'éclaircit.
Aussi notre Escadre en profite-t-elle pour lancer 38 150 kg de bombes sur Besace provoquant d'énormes embouteillages. Au retour, nos avions sont engagés par 5 Fokker D 7. Nos Caudron rejoints par 7 Spad nous dégagent en abattant 2 avions allemands.
Le 5, le mouvement de repli s'étend de l'Escaut à la Meuse. Le 6, nos fantassins progressant vers Sedan, Rethel, Rozoy, nos avions les soutiennent. Le 8, profitant des rares éclaircies, des avions opèrent entre 100 et 500 m sur les routes de Grève et St Marcel. Nous observons que des draps blancs sont accrochés aux clochers et aux maisons de Marnecourt et Boulzicourt, à plus de 20 km à l'intérieur des lignes allemandes. Les routes sont encombrées par de longues colonnes et convois. Les Allemands se retirent pressés par nos troupes.
Nos avions talonnent l'ennemi, bombardent des fouillis inextricables de convois et de troupes qui encombrent toutes les routes, notamment celle de Mariembourg à Philippeville.
« ... Pendant que nos formations puissantes et ordonnées survolent les lignes, en route sur leurs objectifs, un frisson d'enthousiasme court sur le sol, animant nos troupes fatiguées par la lutte, leur infusant de nouvelles forces pour se jeter plus en avant. Ce sera pour les bombardiers la plus haute récompense, qu'un de nos grands chefs, dont le regard pénètre à fond l'âme du soldat, ait demandé dans la journée du 3 octobre de faire tenir l'air le plus longtemps possible par les bombardiers, afin d'enflammer leurs camarades les fantassins par la vue des escadrilles volant à l'assaut... »
Le 10 novembre, notre escadre se transporte dans la région de Neufchâteau pour participer à l'attaque de l'Armée Mangin qui doit se déclencher le 12 en direction de Metz.
Mais le 11 novembre, l'armistice est signée. En moins de 5 mois, notre Escadre vient de larguer plus de 350 tonnes de bombes, de tirer plus de 120 000 cartouches, débattre 52 avions en combat aérien et perdre 28 de ses propres appareils.
Ainsi, s'est réalisée l'allégorie des ailes de la victoire. En regardant derrière eux, les bombardiers des Escadres 12 et 13 peuvent être fiers de l'oeuvre qu'ils ont accomplie.

D'après "LE JOURNAL DE MARCHE DE L'ESCADRON DE BOMBARDEMENT 2/94 « MARNE », BASÉ A SAINT DIZIER"

 

Escadrille 101

Escadrille 102

Escadrille 103

Escadrille 104

Escadrille 105

Escadrille 106

Escadrille 107

Escadrille108

Escadrille 109

Escadrille 110

Escadrille 111

Escadrille 112

Escadrille 113

Escadrille 114

Escadrille 115

Escadrille 116

Escadrille 117

Escadrille 118

Escadrille 119

Escadrille 120

Escadrille 121

Escadrille 122

Escadrille 123

Escadrille 124

Escadrille 125