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Bertin Eugène
Né le: 12 septembre 1891
Mort le:
Profession avant la mobilisation:
Passé à l'aviation le:
Brevet militaire le:
Parcours:
Affectations: MS 38
Pilote


icone mdh icone mdh  avion Escadrille MS 38
 
Eugène Bertin, pilote, escadrille MS 38 bertin lga 13
 
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"Il faut que je raconte une histoire extraordinaire arrivée à deux pilotes d'une escadrille du terrain qui était près du nôtre avec laquelle les avions d'agréables relations. Digne émule de Védrines, créateur de ce genre de missions qui consistaient à déposer en arrière des lignes allemandes des hommes choisis et connaissant particulièrement la région pour y chercher des renseignements importants pour l'état-major de l'armée. Pour ne pas éveiller l'attention de l'ennemi, ils opéraient généralement seuls et y allaient chacun leur tour, partant au petit jour, en rase-mottes pour se poser dans un endroit indiqué par leur passager. Mais cette fois ils partirent à deux et il faut dire que ces deux pilotes se haïssaient et ne s'adressaient jamais la parole, une histoire de femmes était à l'origine de cette haine. Pour une mission très importante ils furent désignés tous deux le même jour et aux mêmes heures pour déposer leurs passagers qui devaient ensemble accomplir un espionnage important et dangereux et surtout pour être sûr que l'un d'eux arriverait à bon port.
Les deux avions devaient se poser à peu de distance l'un de l'autre près d'un bois qui permettait de se dissimuler aux regards et aussi aux espions de se cacher et de se retrouver rapidement. La manoeuvre était très délicate dans un terrain que l'on ne connaissait pas : descendre au ralenti sans arrêter le moteur et se poser pour laisser le temps aux passagers de descendre puis reprendre son vol. Celui qui avait atterri le plus loin en repassant à l'endroit où l'autre pilote s'était posé vit l'avion, moteur arrêté, et son collègue lui faire des signes. Comprenant qu'il s'était passé quelque chose de grave il fit un virage pour se poser pas loin de lui. Celui-ci avait atterri dans des fils de fer et cassé son hélice. Il alluma une allumette tison qu'il lança dans le réservoir qui prit feu immédiatement, c'était l'ordre que l'on avait en cas de panne chez l'ennemi. Il embarqua avec son camarade et revint sans encombre au terrain, à la descente il refusa la main de son collègue qu'il venait de le sauver, en lui disant qu'il n'avait fait que son devoir et que rien n'était changé entre eux. N'était-ce pas une histoire digne de la grande tragédie ?"

Auguste Heiligenstein Mémoire d'un observateur-pilote