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Pezon Jean. Né le : 10 mars 1898 à St Pierre le Moûtier (58). Mort le : 24 août 1980 à Vallauris (06). Profession avant la mobilisation : étudiant. Passé à l'aviation le : 28 février 1917. Brevet militaire le : 22 mai 1917. Parcours : 5e artillerie d’Afrique. Affectations : N 90. 10 victoires, 7 combats non homologués. Jean, André Pezon voit le jour le 10 mars 1898 à St-Pierre-le-Moutier (Nièvre) dans une famille aisée dont le père est avocat, et qui s’installe peu après sa naissance à Tunis. Agé d’à peine 16 ans au moment de la déclaration de guerre, le jeune homme brûle d’aller combattre et s’engage dans l’armée dès qu’il en a la possibilité, à l’âge de 17 ans et demi.
Incorporé au 5e régiment d’artillerie d’Afrique comme simple soldat, il sert pendant 16 mois sur plusieurs secteurs du front dont Verdun et la Somme, obtenant une citation au mois de mars 1917. Intégrant l’aviation, breveté pilote et promu au grade de brigadier il se voit affecté le 1er janvier 1918 à l’escadrille N 90 qui stationne en Lorraine. Le secteur est réputé assez calme et l’unité est équipée de Nieuport 24 et 27 dépassés face à l’aviation allemande. Pézon multiplie les missions mais sans remporter de succès homologués, s’en prenant aussi aux troupes allemandes et même à un train de permissionnaires qu’il attaque sans pitié. Il obtient sa première victoire homologuée le 17 mai 1918 contre un Drachen abattu avec Ambrogi. Quatre jours plus tard, il attaque un biplace ennemi dont le tir défensif lui coupe des câbles de commande ; il doit rentrer à son terrain où son avion s’écrase et le laisse avec une grave commotion qui ne l’empêche pas de reprendre le combat et d’enflammer un second Drachen le 25 juin 1918. Promu adjudant, il doit être à nouveau soigné et ne reprend sa place au combat que le 31 août 1918. Il multiplie alors les missions et atteint un total de 10 victoires aériennes homologuées dont 9 ballons. Sa dernière victoire est obtenue le 29 octobre 1918 soit deux semaines avant l’armistice, ce qui lui permet, in extremis, d’être mentionné dans le communiqué aux armées du lendemain, en compagnie de son camarade Macé, étant les deux derniers as français ainsi cités. Il doit cependant terminer l’année 1918 à l’hôpital pour être de nouveau soigné. Il reprend sa place dans son escadrille en décembre, alors que celle-ci stationne en Allemagne occupée. Intégrant l’armée d’active, et il est alors muté en 1919 à la prestigieuse escadrille SPA 103 en étant promu sous-lieutenant. Ses supérieurs louent sa témérité mais soulignent cependant le besoin qu’il a d’être « sérieusement dirigé ». Envoyé au mois de décembre 1920 en école d’application d’artillerie, il revient de son examen avec des notes particulièrement médiocres. Il poursuit néanmoins sa carrière dans l’active en étant promu lieutenant le 16 août 1921, puis, après s’être marié en 1922, quitte l’armée l’année suivante pour s’installer à Conakry dans la colonie française de Guinée pour y devenir directeur d’une plantation. Quand survient la seconde guerre mondiale, Jean Pezon est mobilisé avec son grade de capitaine de réserve et se retrouve affecté à Thiès, près de Dakar, où le colonel Pelletier-Doisy, chef de l’aviation de l’AOF, lui confie le commandement de l’escadrille coloniale n°2 sur Potez 25 à bord desquels il fait des vols de patrouille maritime. A l’armistice il est démobilisé et prend contact avec les premiers cercles gaullistes qu’il va animer en Guinée. Après que l’AOF se soit ralliée aux alliés, il obtient d’être rappelé dans l’armée de l’Air en février 1944 et promu commandant de réserve, va servir comme commandant adjoint de la base d’Alger en septembre. Il quittera son commandement le 13 août 1945, après la capitulation de l’Allemagne, laissant le souvenir d’un officier très brave mais négligeant pour assurer son commandement — au point de ne recevoir aucune décoration pour la campagne 44-45. Il rentre alors dans sa plantation en Guinée dont il est expulsé lors de l’indépendance du pays par le président Sékou Touré. Il se retire sur la côte d’Azur à Vallauris Golfe Juan jusqu’à son décès survenu le 24 août 1980.
Chevalier de la Légion d'honneur et citation à l'ordre de l'armée de l'Adj Jean André Pezon, du 5e groupe d'artillerie de campagne d'Afrique, pilote à l'escadrille SPA 90, en date du 22 juin 1919 : « Sous-officier très brave, pilote de tout premier ordre, qui compte dix victoires officielles et n'a cessé de se distinguer en escadrille par son esprit d'initiative et un mordant remarquable. Le 30 mars 1918, est descendu à moins de 50 mètres en gare de Château-Salins pour mitrailler un train transportant des troupes ennemies, tuant 17 militaires et en blessant 28 ; a réussi à rentrer à son terrain, malgré les barrages de DCA, avec un avion criblé de balles et d'éclats. Médaillé militaire pour faits de guerre. Six citations. »
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