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Péronneau, Henri.

Né le : 4 août 1890 à Aunay sous Auneau (28).

Mort le : 10 août 1950 à Salammbô (Tunisie).

Profession avant la mobilisation : apprenti-menuisier.

Passé à l'aviation en : 1912, mécanicien.

Brevet militaire le : 20 novembre 1915.

Parcours : 1er génie.

Affectations : N 49, N 65, SPA 81

9 victoires, 2 combats non homologués.


Henri Albert Péronneau voit le jour le 4 août 1890 à Aunay sous Auneau (Eure et Loir), dans une famille assez modeste où son père est employé des chemins de fer tandis que sa mère travaille comme ménagère. Le jeune garçon se montre assez doué à l’école, puisqu’il fait partie de la petite minorité d’élèves à quitter l’école en ayant obtenu le certificat d’études, obtenant également sans qu’on en connaisse la raison une bonne maîtrise de la langue espagnole. La modestie de son milieu ne le destine cependant pas aux longues études et il entre vite dans la vie active en devenant apprenti-menuisier.

Il doit effectuer ses obligations militaires à la fin du mois d’octobre 1911 et du fait de son métier se retrouve incorporé au 1er régiment du génie stationnant à Versailles, où il effectue ses classes. Comme ce régiment héberge à l’époque les services de l’aéronautique militaire à peine naissante, le jeune soldat Henri Péronneau peut approcher les premiers avions Blériot, et, le 20 février 1912, embarque à Marseille pour Casablanca afin de servir dans le détachement d’aviation du Maroc occidental, dirigé par le lieutenant Clavenad et dont les appareils effectuent des reconnaissances au-dessus des troupes indigènes combattant l’armée française. Pour un jeune homme de 21 ans issu de l’Eure-et-Loir, cette campagne du Maroc est synonyme d’aventure. Nommé caporal le 12 décembre 1912, il rentre en France en 1913 décoré de la médaille coloniale, et est rattaché au 1er groupe d’aéronautique. Au terme de son service durant alors deux années, il se rengage volontairement le 4 novembre 1913 pour une année de plus, étant promu au grade de sergent.

Quand éclate la guerre, il est attaché au camp aérien d’Avord et y sert durant les onze premiers mois de la guerre sans connaître les tranchées. Il se porte alors volontaire pour être pilote et sa demande est acceptée en juin 1915, date à laquelle il débute ses leçons et en sort breveté au mois de novembre suivant, gagnant la Réserve générale de l’Aviation en décembre puis le Groupement des Divisions
d’Entraînement au mois de février 1916. Ce n’est qu’à la fin du mois de mars 1916 qu’il gagne sa première unité opérationnelle, l’escadrille N 49 stationnant près de Belfort, où il effectue ses premières missions dans un secteur réputé calme. Probablement à sa demande, il est muté le 25 mai 1916 à l’escadrille N 65 en pleine bataille de Verdun où il peut réaliser ses premiers affrontements contre des avions ennemis, pour l’instant sans grand succès car il découvrira plus tard qu’il tire ses proies à trop grande distance. Il répète la même erreur sur la Somme où la N 65 est affectée au mois de juillet jusqu’à la fin de l’année 1916.

Le 26 décembre 1916, considéré comme un pilote expérimenté à défaut d’avoir obtenu des victoires aériennes, il est muté à la nouvelle escadrille N 81 avec le grade d’adjudant dans le but d’y transmettre son expérience aux pilotes qui sont pour l’essentiel issus des écoles de pilotage. Ces pilotes ne manquent pas de dynamisme au point d’aller provoquer l’aviation allemande sur le secteur des Vosges où ils sont affectés… Péronneau pour sa part se marie au mois de mars 1917 et rejoint la N 81 qui s’installe en Champagne au mois d’avril 1917. C’est là qu’il revendique ses premières victoires au mois d’août 1917, qui ne lui seront pas homologuées. Mais son premier succès officiel ne tarde pas, car, alors promu au grade d’adjudant-chef, il abat un Halberstadt C le 22 septembre 1917. Huit autres victoires vont suivre avec régularité jusqu’au 31 juillet 1918, avec la particularité de toutes être entrecoupées de permissions plus ou moins longues, sans doute un système institué par son chef d’escadrille le capitaine Leps qui obtient ainsi des pilotes parfaitement reposés et dans les meilleures dispositions pour le combat.


6-4-17. Peronneau (Henri-Albert). Servant à l'escadrille N. 65 : sous-officier animé du plus bel esprit militaire, pilote de valeur. Chargé d'opérer en avion monoplace des reconnaissances photographiques loin derrière les lignes ennemies, a réussi à accomplir ces missions grâce à son habileté et à son sang-froid. A fait 150 heures de vol au-dessus de l'ennemi et livré 12 combats aériens.

1

22 septembre 1917

SPA 81

Halberstadt C

Brimont

Avec S/Lt Pierre Cazenove de Pradines

2

30 octobre 1917

SPA 81

Biplace

N. Verdun

Avec S/Lt Pierre Cazenove de Pradines

Sous-officier pilote, brave, énergique et adroit ; modèle d'endurance et d'ardeur au travail. A abattu, le 30 octobre un avion ennemi qui s'est écrasé sur nos premières lignes.

3

12 novembre 1917

SPA 81

Biplace

Courouvre

 * FA 279 : Vfw Gustav Dietrich + Ltn Heinrich Kumkell, tués à Courouvre.

Pilote d'élite, se fait remarquer par son audace et son ardeur inlassable. Le 12 novembre 1917, a remporté sa troisième victoire en abattant un avion de reconnaissance ennemi dans nos lignes. Trois citations.

4

21 décembre 1917

SPA 81

DFW C

Fort de Génicourt

Equipage capturé.

5

3 janvier 1918

SPA 81

Avion

E. St. Mihiel

* FA 46b : Ltn Joseph Lampart + Ltn Alexander Zipperer, tués forêt d’Apremont à 10 km SE St Mihiel

Remarquable pilote de chasse. Dans un récent combat a abattu son cinquième avion ennemi.

6

4 janvier 1918

SPA 81

Avion

Bois de Forges / Béthincourt

Avec Adj Marcel Dhôme

7

5 mars 1918

SPA 81

Biplace

Chaillevois / Nogent l’Abbesse

Avec S/Lt André Herbelin

8

1 juillet 1918

SPA 81

Biplace

Reims

Avec S/Lt Pierre Cazenove de Pradines

9

31 juillet 1918

SPA 81

Biplace

Cormontreuil

Avec S/Lt Pierre Cazenove de Pradines. * FA 286, pilote tué, obs blessé. L’observateur a sauté en parachute, selon rapport EC1

Officier d'un dévouement et d'une bravoure exceptionnels, allie l'habileté professionnelle du chasseur aux qualités les plus rares du chef de patrouille. A abattu neuf avions ennemis. Médaillé militaire pour faits de guerre. Sept citations.

 


Henri Péronneau est promu au grade de sous-lieutenant peu avant l’armistice et se retrouve affecté le 14 février 1919 au Service de Fabrication de l’Aviation (SFA). Il ne fera aucune démarche pour être démobilisé car il souhaite intégrer l’armée d’active ; sa connaissance de la langue espagnole lui permet d’être affecté à la mission militaire dans ce pays jusqu’en 1921. Il va ensuite connaître plusieurs affectations en France, à l’école d’Istres, puis en 1924 au camp d’Instruction de Cazaux où il est promu capitaine en 1928. Muté en escadrille en 1931 en Provence, il va tenter d’accéder au grade supérieur en tentant l’examen de commandant. Malgré son certificat d’études, il en sera recalé à trois reprises en 1933, 1934 et 1935, ses examinateurs déplorant son « manque de sens d’analyse » et son « style médiocre ». Il termine alors sa carrière en Tunisie et est mis à la retraite en 1938, ayant atteint l’âge limite de son grade, se retirant à Salambo près de Carthage.

La guerre va le rappeler à l’activité car il est mobilisé le 26 août 1939 pour être instructeur sur la base aérienne d’El Aouina en Tunisie. Ses supérieurs le trouvent particulièrement aigri et désagréable, tout en notant que l’ancien as de 14-18 en impose beaucoup aux jeunes recrues à former. Il est affecté le 7 septembre 1939 à la compagnie Phares 1/204 à Béja et y sert jusqu’à l’armistice, étant placé le 30 juillet 1940 en congé du personnel naviguant et de nouveau placé dans la réserve.

Il sera définitivement radié des contrôles de l’armée de l’air par le centre administratif de Blida (Algérie) le 4 août 1943 et ne jouera aucun rôle dans l’armée de libération, du moins officiellement selon son dossier militaire. Rien d’autre n’est connu de sa vie sinon la date de son décès, survenu à 60 ans le 10 août 1950 à son domicile tunisien de Salambo.