1915 : la "percée décisive"

 

Les échecs des dernières offensives du printemps 1915 ont eu pour effet de montrer très clairement quelle devait être la place de l’aviation dans les attaques.

 Une espèce d’équation s’impose : La percée de l’infanterie qui seule peut obtenir la victoire, n’est accessible qu’à plusieurs conditions :

1° que la connaissance des lignes adverses, premières et deuxièmes, soit parfaitement établie et que les forces y soient identifiées et correctement évaluées ;

2° que les protections avancées, en particulier les rideaux de fil de fer barbelé soient détruits avant la sortie des tranchées ;

3° que les batteries ennemies soient localisées afin d’être contrebattues efficacement,

4° que le champ de bataille soit surveillé jusque dans ses arrières et que le commandement soit correctement informé du déroulement positif ou négatif des opérations.

On voit donc en quoi ces constatations justifient les différentes missions de l’aviation en confortant celles qui lui ont été confiées très tôt (reconnaissance) aussi bien que celles qui lui étaient interdites (chasse).

Reconnaissances, observations, réglages, photographies supposent que les avions français puissent circuler sans devoir interrompre leur travail sous les attaques ennemies. Et donc les missions de chasse qui ne sont pas directement liées aux opérations terrestres le sont de fait. Symétriquement les avions allemands d’observation et de réglage doivent être exclus du ciel des lignes françaises.

 

 

 

 

 

Bien que ce soit Guerder qui serve la mitrailleuse en vol, c’est Guynemer qui en fait ici la démonstration. Le support télescopique est une invention de Guerder qui permet de tirer par-dessus l’hélice.

   

La nouvelle offensive que l’on attend « décisive » est programmée pour septembre.

Dans cette optique, le GQG est donc amené à définir et faire définir de nouvelles directives pour les services aéronautiques d’armée et de corps d’armée.

Par note du 15 août l’entrainement pour améliorer les relations artillerie- aviation est organisé dans le détail.

La note du 21 août du général de Castelnau sur l'emploi de l'observation aérienne comme organe de renseignement du commandement est dans cette lignée.

L'instruction du 5 septembre 1915 du général Pétain définissant le rôle de l’aviation aérienne pendant l’attaque l'est également.

La note de Joffre du 8 septembre concernant le rôle du bombardement pendant l’attaque vient compléter les directives précédentes.

Le bombardement que le GQG avait entrainé dans des missions lointaines au-delà du Rhin est finalement remis à la disposition de l’offensive. Son handicap - la défense vers l’arrière - reste cependant le même.

 
   

Un nouveau type d’avion a fait son apparition sur le front : le monoplace armé tirant « en chasse ».

Garros en a fait la démonstration même s’il est prisonnier depuis plusieurs mois, et les premiers Fokker à mitrailleuse synchronisée sont signalés.

MS GARROS

« Inspection d’un Morane-Saulnier N dont l’hélice est équipée des déflecteurs de balles. Avion de et avec Jules Védrines à la démonstration ». Terrain de Moreuil, juillet 1915.

Aux victoires aériennes gagnées par le tir du passager, le plus souvent mécanicien, se mêlent les combats de pilotes face à face.

Sur la période du 1er août au 20 septembre, veille de la grande offensive, 20 victoires aériennes sont obtenues par des équipages de biplace et 6 par des pilotes sur monoplace. Et chaque armée se voit attribuer une ou plusieurs escadrilles de chasse généralement équipé en Morane-Saulnier puis en Nieuport et dépendant directement de l’aéronautique d’armée.

Bien que déclarées officiellement comme telles, les escadrilles de chasse ont tout à inventer. Mais elles n’ont pas de laboratoire et aucune directive tactique ne leur est formellement donnée. On a seulement augmenté le nombre d’avions par escadrille (porté à 10 en général). Et les avions Nieuport viennent remplacer les Morane-Saulnier au fur et à mesure des disponibilités.

 

 

FOKKER eindecker

Le nouveau Fokker-Eindecker à mitrailleuse synchronisée.

 

Tirer dans l’axe du vol en biplace ou monoplace.

Or le passage du biplace au monoplace suppose un changement radical pour le pilote qui peut - et doit -, tirer dans l’axe du vol en faisant corps avec son appareil alors que sa tâche principale, en biplace, est d’amener son tireur en bonne position.

Par ailleurs la différence entre un appareil monoplace équipé du « dispositif Garros » de déflection des balles et un appareil dont la mitrailleuse est placée sur l’aile supérieure est d’importance.

L’avis du Chef du Service aéronautique de la 7e armée le souligne, bien que l’avenir lui ait donné tort. :

« Le combat aérien du 11 juillet est extrêmement intéressant par les conclusions qu'il permet de tirer. L'expérience est en effet probante: tandis que le Morane avec mitrailleuse tirant dans l'hélice a le grave inconvénient d'exiger que le pilote qui prend en chasse un avion ennemi se mette dans le champ de tir de ce dernier (et on sait que le tir en retrait de l'Aviatik est des plus redoutable) le biplan Nieuport, au contraire, grâce à sa mitrailleuse tirant de bas en haut, avec une grande possibilité de déplacement dans le plan vertical, permet l'attaque par en-dessous, c'est à dire dans la direction la plus désavantageuse pour l'Aviatik. Une fois sous le fuselage de son adversaire, et réglant sa vitesse sur la sienne, le pilote français tire à coup sûr en se maintenant dans l'angle mort.

Cette appréciation est basée sur des faits; tandis que Gilbert au cours de ses 3 combats aériens en alsace est revenu chaque fois avec son appareil criblé de balles, le Nieuport de Pégoud est rentré absolument indemne, bien que son adversaire ait essayé de se défendre.

Les conclusions du combat du 11 juillet sont donc des plus instructives, et il y aurait lieu de les communiquer à toutes les escadrilles de chasse. Elles sont des plus réconfortantes, car elles montrent que l'aviation française possède dans le biplan Nieuport avec mitrailleuse tirant de bas en haut, un appareil qui peut s'attaquer avec de grandes chances de succès à celui que nos adversaires nous opposent depuis 2 mois comme le dernier cri de l'aviation de combat ». Le 13 juillet 1915, signé Voisin.

Quant aux tireurs des chasseurs biplaces la note de Barès du 1er aout se conclut de manière définitive : « Tout observateur ou tireur qui n'aurait pas les aptitudes voulues au point de vue tir ne pourrait être gardé dans le personnel navigant. Il me sera adressé pour le 10 août, au GQG, un état des observateurs et tireurs avec des notes indiquant l'aptitude au tir ».

 

Profil du Morane type N de Védrines équipée de sa mitrailleuse tirant dans l’axe grâce à la protection de l’hélice par des coins d’acier.

   

Tirer dans l’axe du vol en biplace ou monoplace.

Or le passage du biplace au monoplace suppose un changement radical pour le pilote qui peut - et doit -, tirer dans l’axe du vol en faisant corps avec son appareil alors que sa tâche principale, en biplace, est d’amener son tireur en bonne position.

Par ailleurs la différence entre un appareil monoplace équipé du « dispositif Garros » de déflection des balles et un appareil dont la mitrailleuse est placée sur l’aile supérieure est d’importance.

L’avis du Chef du Service aéronautique de la 7e armée le souligne, bien que l’avenir lui ait donné tort. :

« Le combat aérien du 11 juillet est extrêmement intéressant par les conclusions qu'il permet de tirer. L'expérience est en effet probante: tandis que le Morane avec mitrailleuse tirant dans l'hélice a le grave inconvénient d'exiger que le pilote qui prend en chasse un avion ennemi se mette dans le champ de tir de ce dernier (et on sait que le tir en retrait de l'Aviatik est des plus redoutable) le biplan Nieuport, au contraire, grâce à sa mitrailleuse tirant de bas en haut, avec une grande possibilité de déplacement dans le plan vertical, permet l'attaque par en-dessous, c'est à dire dans la direction la plus désavantageuse pour l'Aviatik. Une fois sous le fuselage de son adversaire, et réglant sa vitesse sur la sienne, le pilote français tire à coup sûr en se maintenant dans l'angle mort.

Cette appréciation est basée sur des faits; tandis que Gilbert au cours de ses 3 combats aériens en alsace est revenu chaque fois avec son appareil criblé de balles, le Nieuport de Pégoud est rentré absolument indemne, bien que son adversaire ait essayé de se défendre.

Les conclusions du combat du 11 juillet sont donc des plus instructives, et il y aurait lieu de les communiquer à toutes les escadrilles de chasse. Elles sont des plus réconfortantes, car elles montrent que l'aviation française possède dans le biplan Nieuport avec mitrailleuse tirant de bas en haut, un appareil qui peut s'attaquer avec de grandes chances de succès à celui que nos adversaires nous opposent depuis 2 mois comme le dernier cri de l'aviation de combat ». Le 13 juillet 1915, signé Voisin.

Quant aux tireurs des chasseurs biplaces la note de Barès du 1er aout se conclut de manière définitive : « Tout observateur ou tireur qui n'aurait pas les aptitudes voulues au point de vue tir ne pourrait être gardé dans le personnel navigant. Il me sera adressé pour le 10 août, au GQG, un état des observateurs et tireurs avec des notes indiquant l'aptitude au tir ».

 

NIEUPORT PERETTI

Nieuport 16 n° 893 du sergent Peretti devant le hangar

VEDRINES VADELAINCOURT

Vadelaincourt. Védrines devant son Nieuport 16 110 ch Le Rhône.

à Vadelaincourt.

 

Deullin

Le sous-lieutenant Deullin pose devant son Nieuport XI n° 525.

n3 plein ssence

Nieuport 871 du lieutenant Pendaris faisant le plein d’essence. Vadelaincourt, mai 1916.. Le plein se fait par bidons de 5 litres

 

 

 

 

tombe peretti

Tombe du Lieutenant Peretti au cimetière de Vadelaincourt.

citation signe

« Au lieutenant de la Tour une des plus brillantes cigognes Reconnaissant souvenir et mes amitiés. »

Citation de l’escadrille 3 dédicacé par le capitaine Brocard au lieutenant de la Tour et signée par Heurtaux, Guynemer, Deullin, Raymond, XXN Bucquet, Chaînat