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Fonck René L'As des As

Ils ne sont pas nombreux les pilotes issus de famille modeste.

Et quand on devient l’As des As de 14-18 c’est un parcours hors norme qui commence dans le quotidien d’un orphelin et se termine dans l’oubli d’un colonel décédé dans une grande indifférence…

L’As des As des Alliés en 14-18

A Saulcy-sur-Meurthe (Vosges), le 26 mars 1894 nait René Paul Fonck. Il est l’ainé de deux filles : Emilienne (1896) et Yvonne (1898).

Quelques semaines après la naissance de cette dernière son père meurt dans un accident du travail, écrasé par un chargement de bois dans la scierie où il travaillait.

Jusqu’en 1904 René Paul sera élevé chez un oncle puis en pension à Nancy.

Après l’école primaire il fait un apprentissage de mécanicien encore qu’un certain flou entoure ses débuts dans la vie active.

En tout cas il n’est pas « étudiant » comme le mentionne sa fiche aéronautique dressée au moment de son affectation en escadrille.

 René Fonck

 

 

 

Bien qu'il ait souhaité intégrer directement l'aviation, il effectue ses classes et les premiers mois de la guerre au 11ème régiment du Génie.

Quel événement lui a permis de rejoindre l'Ecole du Crotoy comme élève pilote et non une école de mécanicien d’aviation? On ne sait, mais le fait est.

Breveté le 15 mai 1915 sur Caudron, il est nommé caporal.

14 juin 1915 : le caporal René Fonck arrive à l’escadrille C 47 à Corcieux au service de la 7ème Armée.

Il arrive au plus fort de la bataille de Metzeral dans laquelle son escadrille effectue des repérages, des missions photographiques et des réglages d’artillerie.

Les principales cibles sont Metzeral, Munster et Ban de Sapt où selon ses mémoires René Fonck fit une mission, laquelle est rapportée, sans qu’il soit cité, dans le résumé journalier du Service aéronautique du Grand Quartier Général le 23 juin.

Metzeral

« C 47: Une reconnaissance repère à Ban-de-Sapt trois emplacements de batteries, des terrassements et des baraquements. »

Mission à laquelle la citation du 22 août fait allusion et pour laquelle il a été nommé caporal le 21.

Extrait de l’Ordre général n°4 de l’Aéronautique de la 7ème Armée, Le Chef d’Etat-major de la 7ème Armée cite à l’ordre du régiment :

 René Fonck Caudron G4

En plus de la mitrailleuse servie par son compagnon observateur-mitrailleur une mitrailleuse Lewis a été installée pour le pilote pour tirer au-dessus de l’aile supérieure du Caudron G 4. Le trèfle à 4 feuilles est son insigne personnel

fonck 1ereV v

 

« Sous-lieutenant Wiest, observateur, et caporal Fonck Paul-René, Mle 999, pilote à l’escadrille C. 47 :

"Ayant mission de découvrir des batteries ennemies qui gênaient nos attaques, sont sortis malgré les circonstances atmosphériques les plus défavorables, volant à faible altitude au-dessus de l’ennemi pour recueillir les renseignements demandés, malgré un feu des plus violents au cours duquel leur appareil a été criblé de balles". Ces citations comportent l’attribution de la croix de guerre 1914-18 avec étoile de bronze. »

Rattachée au 2ème Corps d’Armée Colonial le 8 août, l’escadrille C 47 va le suivre dans la 2ème bataille de Champagne (septembre –octobre 1915).

Le 25 septembre 1915 marque l’unique fois où René Fonck est forcé d’atterrir, réservoir percé lors d’une mission de jalonnage.

La citation de novembre qui lui décernée rend compte de son activité à cette période :

« Le Général de Langle de Cary, commandant la 4ème Armée, cite à l’ordre de l’Armée Fonck Paul, René, pilote à l’escadrille C. 47 : "A rendu les plus grands services pendant la période de préparation, volant journellement pour les reconnaissances et les réglages de tir ; dans les journées des 25 et 26 septembre 1915, a réussi à assurer le service de surveillance, malgré les circonstances atmosphériques les plus défavorables, au prix des plus grands dangers."

Ces citations comportent l’attribution de la croix de guerre 1914-18 avec palme ».

Au dernier trimestre 1915 le 2ème CAC est mis au repos, mais l’escadrille 47 reste en activité au service directe de la 6ème Armée, en stationnement à Tricot.

Son activité se partage entre l’instruction des officiers d’artillerie et d’Etat-major et les reconnaissances du front.

Début 1916 elle retrouve son activité avec le 2ème CAC comme en témoignent les missions photographiques de l’adjudant Fonck du 9 juillet 1916 avec le lieutenant Thiberghe et du 11 juillet 1916 avec le lieutenant Choupaut sur le front au Nord de Lassigny.

René Fonck est un pilote en missions d’observation sur un avion de reconnaissance. Pourtant il enchaine combats et victoire aérienne et la mitrailleuse qu’il a fait installer sur l’aile supérieure de son Caudron témoigne de ses ardeurs belliqueuses.

Ainsi obtient-il sa première victoire le 6 août 1916 dans laquelle il force à l’atterrissage un avion allemand posé intact. Prisonnier, l’équipage est soumis à un interrogatoire.

Photographies, pilote René Fonck

Photographies pour le 2e CAC, escadrille C 47, pilote René Fonck Photographies pour le 2e CAC, escadrille C 47, pilote René Fonck. Coll Michel Meyer

Photographies pour le 2e CAC, escadrille C 47, pilote René Fonck. Coll Michel Meyer

Photographies pour le 2e CAC, escadrille C 47, pilote René Fonck. Coll Michel MeyerMissions du mois de juillet 1916, pilote René Fonck. Collection Michel Meyer

 

Celui du mitrailleur permet de connaître les détails de cet exploit.

 « Circonstances de la capture.

Thomas était parti de St Quentin vers 10 heures le dimanche 6 août ayant pour mission d’escorter avec un autre Rumpler un 3ème appareil de même type chargé de photographier tout le front français au sud de la Somme et dans la région de Noyon. Il n’emportait ni bombe, ni appareil de photo.

En survolant la région de Compiègne, à environ 3.200 mètres d’altitude, il fut pris à partie par un tir violent et très bien ajusté de nos canons spéciaux: Le pilote, peu expérimenté, perdit la tête et se mit à faire des spirales au lieu de tenter de regagner les lignes allemandes ce qu’il aurait pu faire étant donné la hauteur considérable à laquelle il volait. Peu après, un Caudron bi-moteur survint et, survolant le Rumpler, le força à atterrir. Thomas prétend que sa mitrailleuse s’enraya à la 3ème cartouche. Quant au pilote il ne pense pas même à faire usage de la sienne. Thomas affirme également que le moteur fonctionnait mal ceci, sans grande conviction d’ailleurs, afin d’excuser son pilote qu’il avoue être très novice et dénué de sang-froid:

Il déclare en outre que l’autre Rumpler l’abandonna dès qu’il le vit attaqué par le Caudron. »

 rumpler abattu par Fonck

L’avion descendu au-dessus de Moyenville par l'adjudant Fonck et l'observateur sous-lieutenant Thiberge fait le spectacle.

 

Fonck, René, Paul, Mle 999, Adjudant à l'escadrille C.47:

«Pilote remarquable de bravoure, d'adresse et d'entrain, ayant déjà livré un grand nombre de combats aériens. Le 6 août a résolument attaqué deux avions ennemis fortement armés, en a pris un en chasse et, par une série de manoeuvres audacieuses et habiles l'a contraint à atterrir indemne dans nos lignes. Déjà deux fois cité à l'Ordre. »

Attribution de la Croix de guerre avec Palme

Continuant ses déplacements selon les batailles, la C 47 va amener Fonck au cœur de la bataille de la Somme (25 août 1916) dans laquelle son Caudron G 4 subira plusieurs assauts, Fonck recherchant quasi systématiquement le combat au cours des missions d’observation qui lui sont confiées.

Malgré ces engagements, sa deuxième victoire interviendra seulement près d’un an après la première bien qu’il ait tenté plusieurs combats sans succès.

Le 17 mars 1917 l’aviation allemande fait un barrage serré toute la journée au-dessus du Chemin des Dames.

Au cours d’une mission de photographie réunissant deux G 4 et un Nieuport, l’Adjudant-chef Fonck et le sous-lieutenant Marcaggi abattent un avion allemand au-dessus de Cerny-en-Laonnois, alors que l’avion de protection (sergent Raux pilote, sergent Lethon mitrailleur) tombe en flammes mais peut rejoindre les lignes françaises.

Cette 2ème victoire, partagée avec le sous-lieutenant Hoffer de la N 62, vient récompenser les velléités de chasseur de Fonck qui trouve les missions d’observation ou de photographique de moins en moins intéressantes.

Extrait de l’Ordre général n°451

Le Général Maistre, commandant la 6ème Armée, cite à l’ordre de l’Armée Fonck Paul, René - Adjudant-chef - Pilote à l’Escadrille C. 47 : "Pilote remarquable par son adresse et sa bravoure. Le 17 mars 1917, au cours d’une mission photographique, a livré combat à un groupe de plusieurs avions de chasse et en a abattu un dans ses lignes".

Ces citations comportent l’attribution de la croix de guerre 1914-18 avec palme.

Au Q.G., le 29 mars 1917. Signé : MAISTRE

 

Juin 1917 il intègre la chasse.

Fort de ces succès remarquables et remarqués par ses chefs, il quitte l’escadrille C 47 le 7 avril 1917 pour aller s’entrainer sur Nieuport et Spad au Groupe des Divisions d’Entrainement (GDE).

Affecté à la Spa 103, avec son mécanicien de toujours Delmas, il rejoint le terrain de Bonnemaison le 27 avril.

Le Spad 7 qui lui est confié va lui permettre d’exprimer rapidement ses qualités de chasseur. Le 5, le 11, le 13 mai, il enchaine les victoires, atteignant le chiffre de cinq avec lequel le pilote est cité au communiqué comme AS.

Les citations s’entremêlent cependant un peu, celle du 8 juin faisant référence à la victoire du 11 mai et celle du 14 juin à celle du 5 mai.

Une permission du 24 juin au 9 juillet suivra ces victoires auxquelles il a ajouté un nouveau combat victorieux le 12 juin. Et la « Une » de la Guerre Aérienne de Jacques Mortane.

En juillet il vole comme équipier et son premier vol comme chef de patrouille interviendra le 5 août dans une patrouille sans résultat.

Le combat du 9 août et la victoire qui y est homologuée, lui vaudra une citation pour avoir dégagé un bombardier.

Cette mission est significative de ce que la chasse solitaire est terminée et que la tactique de groupe s’impose.

« Vols de protection de bombardement: secteur Dixmude forêt d'Houthulst à 8h35 :

Chef de patrouille Capitaine d'Harcourt, 1h10, 3600 m, S 1489,

Adjudant Fonck, 1h20, 5000 m, S 1643, Lieutenant Dumas, 1h30, 5200 m, S 1649, Sergent Lecomte, 1 heure, 4000 m, S 1039, Sergent Watrin, 1h15, 4200 m, S 1611, Sergent Baron, 1 heure 05, 1000 m, S 1637.

Vers 9 heures au nord de Dixmude, à 3500 m, la patrouille attaque une dizaine de monoplaces Albatros qui se trouvaient aux prises avec les avions de bombardement qu'elle était chargée de protéger.

Le capitaine d'Harcourt en attaquant l'un d'eux se trouve lui-même attaqué par d'autres avions ennemis arrivés à la rescousse et ne parvient à se dégager qu'après un combat de plusieurs minutes au cours desquelles son appareil reçoit 2 balles.

Pendant ce temps vers 5000 m, l'adjudant Fonck attaque 3 avions ennemis, se dirigeant vers les avions de bombardement, il tire 1 vingtaine de cartouches sur le 1er qui tombe à la verticale. Ne pouvant le suivre l'adjudant Fonck continuer à piquer sur les 2 autres appareils. Au bout de 5 minutes de combat l'un d'entre descend sérieusement touché au nord-est de Dixmude, le 3ème disparaît. »

1er spad Fonck

Premier Spad VII de Fonck. Il comporte un trèfle à 4 feuilles sur le dessus du fuselage qui est hérité de son Caudron G 4. Numéro inconnu.

 

 

 

fonck et garros

 

 

fonck et garros 2 mini

 

RUMPLER abattu par Fonck

RUMPLER abattu par Fonck

RUMPLER abattu par Fonck

 

Les 19, 20, 21, 22 août il ajoute chaque jour une victoire et quatre en septembre

Le rapport de son chef d’escadrille D’Harcourt, en date du 29 août 1917 trace un portrait élogieux :

« D'une vigueur exceptionnelle et d'une constitution particulièrement robuste. Esprit militaire excellent. Très discipliné, très dévoué. Apte à commander. Influence particulièrement marquée sur tout le personnel pilote. »

Il aurait pu ajouter : doté d’une excellente vision, tireur très adroit.

 René Fonck tireur à la carabineRené Fonck tireur à la carabine
 

«Fonck est une force de la nature. Petit, robuste, il donne l'impression de l'adolescent élevé à la campagne dans l'air sain et vivifiant. Le visage rond et rose respire la santé. Le regard est très particulier: les yeux, derrière les paupières qui se plissent sont d'une rare mobilité. Quand il vous fixe, ils luisent comme le bleu de l'acier. » (Mortane)

30 septembre 1917

Alors qu’il a hérité du meilleur Spad 13 à 2 mitrailleuses jumelées (S 526), il veut se poser près de son 15ème adversaire abattu et capote de telle sorte que son avion doit être réformé. Ce qui ne l’empêche pas d’exhiber de manière un peu indécente le morceau de toile de son adversaire pour lequel il a détruit un avion. L’histoire ne dit pas quelle a été la réaction du Commandant des Cigognes !

 Détail du SPAD de Fonck

Détail du Spad 13 à 2 mitrailleuses jumelées

 

Cette exhibition fera encore un an plus tard la « Une » du magazine Flying (octobre 1918).

Cette victoire, montée en épingle par la presse, est donnée comme la mort de Wissemann, le « vainqueur de Guynemer », ce que ne démentira pas Fonck même en 1930 alors que l’on sait déjà que c’est une homonymie.

C’est le début d’un mythe qui durera.

Fonck ne vole pas jusqu’au 17 octobre où il s’octroie 2 victoires, plus une le 21 et une autre le 27,

Le 21 octobre  il est fait Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur

Chevalier

Fonck Paul, René - matricule 3713 (active) - Adjudant-chef - Pilote à l’Escadrille N.103 (1er Groupe d’Aviation) :" Pilote de chasse de grande valeur, joignant à la plus éclatante bravoure d’exceptionnelles qualités d’adresse et de sang-froid. Venu à l’Aviation de chasse après cinq cents heures de vol sur avion de corps d’armée, est devenu en peu de temps un des meilleurs pilotes de combat français. Le 20 et 21 août 1917, a abattu ses 8ème, 9ème et 10ème avions ennemis. Déjà sept fois cité à l’ordre et médaillé militaire pour faits de guerre".

Ces citations comportent l’attribution de la croix de guerre 1914-18 avec palme.

Au Grand Quartier Général, le 21 octobre 1917,

Le Général Commandant en Chef ; par ordre, le Major général, signé Debeney.

 Fonck René

Blessé à la tête en ayant capoté pour récupérer le trophée de sa 15ème victoire qu’il exhibe.

Fonck et Heurtaux

 

30 novembre 1917

« A 10h au terrain de Saint-Pol le général Anthoine, commandant la 1ère armée, remet la Croix de Chevalier de la Légion d'honneur à l'adjudant René Fonck.

Pendant la cérémonie le garde aérienne est exercée par:

S 2457: adjudant Baron. 1h 10 à 1000m.

S 4235: adjudant Barault. 1h 15 à 1000m.

S 414: sergent Pernelle. 1h 14. 800m.

S 2163: sergent Lecomte. 1h à 1000m. »

 30 novembre 1917 à Saint-Pol-sur-Mer. Le général Anthoine remet « au nom de Guynemer »à Heurtaux les insignes d'officier de la Légion d’Honneur et à Fonck ceux de chevalier. Nommés tous les deux au Conseil national ils adopteront

 

Entre janvier et août 1918, René Fonck effectuera une série de missions avec l’un de ses deux Spad XII canon, entrecoupées de périodes de détachement à la RGA, de permissions, mais aussi de patrouilles avec son Spad XIII.

Le 19 janvier sur son Spad canon S 445 récemment pris en main, il participe à une patrouille à quatre dirigée par le capitaine d’Harcourt. Lors du combat contre 3 Albatros, il en abat deux, mais avec la mitrailleuse. Le canon est resté muet.

(20ème et 21ème victoire).

Aussi Fonck va-t-il passer les jours suivants à s’entrainer avec ce nouvel appareil et son armement.

Le 24 janvier il vole deux fois dans l’après-midi pendant 15 à 20 minutes chaque fois et procède à des tirs.

Il répétera les mêmes exercices le lendemain 25 le matin.

Cet entrainement est important car le canon dégage beaucoup de fumée qui envahit le cockpit, et il faut le réarmer à la main tout en pilotant…

L’après-midi il peut ainsi prendre la tête de la patrouille (Adjudant Haeglen, Adjudant Pietri, Sergent Baux, Caporal Hoeber) qui rentrera sans avoir pu toucher les 2 Albatros qu’elle a poursuivis.

Le 26 il renouvelle un vol de chasse mais l’aviation allemande est absente.

Première utilisation du canon le 5 février 1918.

«  Vols de chasse à 11h 30, secteur Avocourt - Route d'Etain.

Chef de patrouille sous-lieutenant Fonck. S 445, 1h 10, 5000m.

Sous-lieutenant Haeglen. S 534, 1h 15, 5400m.

Sergent Loup. S 5810, 1h 15, 5500m.

A 12h 55, le lieutenant Fonck attaque un biplace ennemi paraissant rentrer de reconnaissance.

Il lui tire à bout portant une boite à mitraille.

L'avion ennemi tombe en morceaux, s'écrasant au sol dans la région de Varennes-Montfaucon.

Homologuée. 22ème victoire du sous-lieutenant Fonck. »

Le 18 février lors d’une patrouille qu’il dirige (Adjudant Pietri, Sergent Schmitter, Caporal Hoeber) 3 monoplaces Albatros sont pris en chasse. Le lieutenant Fonck en abat un. Il lui tire de très près une rafale de cartouches et un coup de canon. (23ème victoire).

Les 2 autres Albatros rentrent dans leurs lignes.

Cette utilisation combinée de la mitrailleuse et du canon armé d’une « boite à mitraille » lui servira souvent à obtenir la décision, comme le 26 février où deux victoires lui sont homologuées

Le rapport de la patrouille du 22 mars est un bon exemple de sa tactique : une fois l’ennemi aperçu, Fonck passe à l’attaque pendant que ses équipiers assurent sa sécurité. Il tire d’abord à la mitrailleuse et, se rapprochant, il déclenche son coup de canon.

« Vols de chasse à 16h 25. Secteur Juvincourt Nauroy.

S 445 Chef de patrouille sous-lieutenant Fonck. 1h 15. 4000m.

S 3179 sous-lieutenant Thouzellier. 1h 15. 4000m.

S 2010 Adjudant Pietri. 50mn. 3500m.

S 534 Sergent Loup. 1h 15. 4000m.

A 17h 15 la patrouille aperçoit 2 biplaces ennemis à 3000 mètres dans la région de Nogent l'Abbesse. Le sous-lieutenant Fonck attaque l'un d'eux, lui tire une rafale, un coup de canon et le boche tombe. Le sous-lieutenant Fonck le perd dans la brume. Durant ce combat la patrouille tient en respect 5 monoplaces blancs qui approchaient mais n'attaquent pas. »

Lors d’un vol de liaison sur le Spad 445, le 12 avril, Fonck s’octroie deux victoires sans que le JMO ne signale son modus operandi.

 cependant deux attitudes opposées, Fonck au service du Maréchal, Heurtaux entrant en résistance. Néanmoins leur amitié persistera.

Spad canon de rené Fonck essayé par de Sevin- SHD Vincennes

Le capitaine Fonck fait essayer son Spad Canon probablement au capitane de Sevin

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René Fonck donne ses derniers conseils au capitaine de Sevin pour la conduite du Spad-canon.

 

Sa double victoire du 19 mai est selon ses mémoires (« Mes combats ») obtenue par deux rafales de mitrailleuses.

Cette patrouille mérite d’être contée par le détail en superposant le JMO de l’escadrille 103 et le récit qui en est fait intitulé « Le Frisson ».

Partie à 9h 10 la patrouille, sous la direction du sous-lieutenant Fonck, doit faire face à 9h 50 à une patrouille allemande de 5 appareils dont deux biplaces de combat.

Alors qu’il en a descendu deux (43ème et 44ème victoires), René Fonck veut dégager le sous-lieutenant Thouzellier aux prises avec deux allemands et effectue pour cela un renversement. Cette manoeuvre libère dans le cockpit les obus de réserve mal arrimés qui viennent bloquer les commandes. Le Spad canon glisse alors sur le dos et ne pût être repris en main qu’après que Fonck ait jeté par-dessus bord les obus dangereux et inutiles. De son côté le sergent Brugère réussit à abattre un adversaire (1ère victoire). L’adjudant Lecomte, le sergent Hoeber, le maréchal des logis Drouilh, absents du récit de Fonck, effectuent leur travail d’équipier et tous purent rentrer au terrain de Montdidier.

Ses 56ème et 57ème victoires sont obtenues avec le Spad canon 452, mais il semble bien que le canon n’ait pas été utilisé dans ces combats (19 juillet, 1er août).

Le 14 août 1918 est la dernière patrouille de René Fonck dirigée depuis son Spad canon.

Les sous-lieutenants Coudouret, Schmitter, Thouzellier, l’adjudant-chef Baron, les caporaux Guy et Dapineau protègent le lieutenant Fonck dans ses combats où il abat un premier avion biplace à 11h au sud de Roye et deux biplaces de combat à 11h 20, dans la région Gruny Cremery.

Le Spad canon ne volera plus.

6 mars 1918

Fin mars 1918 le capitaine d'Harcourt prend le Commandement du Groupe de Combat 13.

Lieutenant Batlle prend le commandement de l’escadrille 103

Le fait notable du mois de mars ne concerne pas seulement Fonck, mais aussi son équipier. Le 15 mars 1918 alors que le sous-lieutenant Fonck signe sa 28èmevictoire, le sergent Schmitter obtient sa 1ère victoire

C’est la première victoire d’un équipier dans une patrouille dirigée par Fonck. Et cela ne se reproduira qu’une fois.

Avril 1918

Dans une patrouille à deux (avec le sous-lieutenant Thouzellier ) le sous-lieutenant Fonck abat successivement deux appareils ennemis. Région de Montdidier et sud de Moreuil). (34ème et 35ème avions).

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Fonck prêt au départ sur son Spad canon

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De gauche à droite : MdL Noël Fontaine (SPA 26) - Ltt Joseph Battle (pilote SPA 103) - Slt Jacques Puget (SPA 26) - Slt René Fonck (pilote SPA 103) - Slt Benjamin de Tascher (SPA 26) - Cne Xavier de Sevin (Cdmt SPA 26) - Slt Philippe Fontaine (SPA 103) - Slt Jean Dombray (SPA 26) - Slt André Seigneurie (pilote SPA 103) - Noêl et Philippe Fontaine sont frères. Hétomesnil, le 6 mars 1918.

La patrouille 103 et la patrouille 26 effectueront plusieurs missions communes.

 

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Le sextuplé du 9 mai 1918

Journal de marche et des opérations de l’escadrille 1013

  • « Patrouille de chasse à 15h 30. Moreuil - Montdidier.

Chef de patrouille sous-lieutenant Fonck, 1h, 5000m. S 700.

Lieutenant Batlle, sous-lieutenant Fontaine.

Entre 16h et 16heures 05 le sous-lieutenant Fonck attaque à la mitrailleuse un groupe de trois biplaces ennemis et les abat successivement.

Les deux premiers en 10 secondes et le 3ème cinq minutes après, deux s'écrasent au sol à 1500m au sud de Moreuil, le 3ème tombe en flammes vers Moreuil.

(Homologués, 37, 38 et 39èmes avions du sous-lieutenant Fonck).

  • 17h 50, Moreuil, Montdidier.

Chef de patrouille sous-lieutenant Fonck, 1h 25, 4200m. S 700. Adjudants Lecomte et Piétri, adjudant-chef Baron, sergents Hoeber et Brugère.

A 18h 20, le sous-lieutenant Fonck attaque à la mitrailleuse un biplace ennemi à Montdidier qui se brise en l'air en tombant.

A 18h 55 il abat successivement deux autres biplaces qui tombent en flammes dans la région Hargicourt Braches.

(Homologués, 40, 41 et 42èmes avions du sous-lieutenant Fonck). »

Dans ses mémoires « Mes combats », Fonck rapportera cette journée de manière un peu différente, la recentrant sur son activité et contant à sa manière le déroulement des opérations.

Ainsi « Mes combats » se trompe sur les participants de la patrouille de 17h 50 en citant le lieutenant Thouzellier (qui n’y était pas) et le sergent Brugère (qui n’était qu’un des 5 patrouilleurs) comme ses seuls coéquipiers.

L’homologation ne peut être mise en doute, mais la description ne semble pas conforme au déroulement réel…

« Entre Hamel et Hétomesnil, Oise, camp d'aviation. L'as des as, le sous-lieutenant Fonck devant son chasseur. 40 minutes après, il rentre après avoir descendu 3 avions allemands, puis reprend l'air à nouveau et porte à 6 le tableau de la journée. » 10/05/1918


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Photo dédicacée par Fonck prise lors d’une séance de pose devant son SPAD XII sur le terrain d'Hétomesnil, le 8 mai 1918.

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René Fonck au camp d'Hétomesnil. 11 mai 1918.

 

Si, en effet, on peut s’attendre à une vive réaction de l’aviation allemande à la perte de 3 équipages, il est plus prudent de monter une patrouille à six —ce qui a été fait— que de partir avec deux équipiers.

L’exploit fait l’objet d’articles en bonne place dans les quotidiens.

Le Matin retrace les 3 premières victoires de manière conforme au compte-rendu du JMO, par contre la seconde Patrouille est présentée de manière erronée mais conforme à la version de « Mes combats » comme à celle de « La Guerre Aérienne » de Noël 1918 où Fonck présente ses deux sextuplés.

« L'AS DES AS FRANÇAIS

LES SIX VICTOIRES DE FONCK

Comment en quelques secondes il descendit les biplaces ennemis.

Le sous-lieutenant Fonck a abattu le 8 mai, en moins d'une heure et demie de vol sur les lignes, six avions allemands.

Le fait est unique dans l'histoire de l'aviation.

Fonck n'est pas encore lieutenant, mais le général commandant l'armée lui a remis, le 9 mai, la croix d'officier de la Légion d'honneur.

Parti en patrouille dans l'après-midi du 8 avec deux de ses camarades, Fonck se dirige vers le secteur Moreuil-Montdidier. Il marche en tête. En arrivant à hauteur de nos saucisses, il aperçoit trois biplaces qui viennent en flèche à sa rencontre.

Il les signale à ses camarades et fonce de face en piquant sur le premier. Dès la première rafale, le boche tombe en flammes. Fonck a déjà passé, appuie sur la gauche et revient par un crochet sur le second boche qui, lui, tourne à droite pour le prendre à revers. Il se présente ainsi à Fonck trois quarts avant et un peu au-dessous, prend cinq balles: Fonck l'abat. Dix secondes à peine se sont écoulées entre deux victoires. Les camarades de Fonck ont eu à peine le temps de s'en rendre compte, alors qu'ils s'apprêtaient à entrer dans la lutte.

Ruse de chasseur.

Restait le troisième ennemi en arrière. Celui-ci, voyant la chute de ses compagnons, s'en retourne. Ce n'est pas l'affaire de notre vainqueur. Il le suit un temps et feint de céder la place, comme s'il regagnait nos lignes. Le boche s'y laisse prendre, revient vers le front dans une marche parallèle à celle de Fonck et sur sa droite.

Fonck, lorsqu'il le voit à portée, fait un virage à droite, aborde son adversaire de face et une rafale le descend. Les trois Allemands sont tombés presque à la même place, dans un carré d'un kilomètre de côté, en une minute et demie, et Fonck leur a envoyé en tout 22 balles. Lui et son appareil sortent, comme toujours intacts de la lutte.

Après quelques tours à l'aplomb des lignes entre Moreuil et Montdidier, Fonck regagne le terrain pour se reposer. Il y reste trois quarts d'heure. C'est le temps qu'il juge nécessaire aux Boches pour apprendre la chute de leurs biplans d'observation et envoyer sur les lieux des avions de chasse.

Fonck repart à leur rencontre, accompagné de deux autres camarades. Un biplace allemand de réglage travaille au-dessus de Montdidier Fonck l'annonce à sa patrouille, descend de 600 mètres sur le boche, attaque trois quarts avant et se dégage aussitôt dans un nuage pour éviter le tir possible du mitrailleur arrière. Tandis que l'appareil allemand s'effondre en morceaux, les deux compagnons de Fonck le perdent dans son nuage.

A travers une patrouille ennemie.

Fonck en ressort seul, regagne les lignes et voit devant lui quatre monoplaces Pfalz protégés à 500 mètres par cinq albatros qui allaient comme lui vers nos tranchées. Fonck les suit, observe leur manoeuvre, la manière dont la protection s'exerce et, quand il a bien vu, se décide.

Les Pfalz chargent en losange. Il s'agit de tomber sur le dernier sans être aperçu auparavant par les Albatros de la patrouille supérieure. C'est dix secondes à courir. Fonck part à plein moteur en regardant au-dessus de lui si quelque Albatros ne le menace pas. Il aborde le Pfalz dans son axe et un peu en dessous, tire et le voit tomber en flammes.

Le bruit de la mitrailleuse a mis les Allemands en éveil. Les deux Pfalz du milieu s'écartent, virent l'un à droite, l'autre à gauche, pour se placer de chaque côté de Fonck.

Fonck continue entre les deux Pfalz en train de virer droit sur le Pfalz de tête, qui se trouve à 300 mètres. Il lui envoie une rafale, le voit tomber en flammes, pique à plein moteur, échappe ainsi aux sept ennemis qui le guettent et rentre au terrain.

Fonck a cueilli ses deux dernières victoires en quelques secondes, comme les deux premières. Cette façon de passer au travers d'une patrouille ennemie, de descendre un boche à chacune de ses pointes, a un prestige de décision, d'audace, de sûreté qui émerveille.

Les combats ont eu lieu entre 1.500 et 2.000 mètres, les trois premiers à 16 h. 5, le quatrième à 18 h. 40, le cinquième et le sixième à 18 h. 55.

C'est la plus glorieuse journée que jamais As ait connue. »

(Le Matin, 13 mai 1918)

39 MINI ECPA FONCK SPA 86 V 2686 okEntre Hamel et Hétomesnil, Oise, camp d'aviation. E.M du GC 12 avec ses 4 commandants d'escadrille et Fonck après sa première journée : 6 avions descendus. 10/05/1918, Henri Bilowski

39 MINI ECPA FONCK SPA 86 V 2686 ok

« Entre Hamel et Hétomesnil, Oise, camp d'aviation. L'as des as, le sous-lieutenant Fonck devant son chasseur. 40 minutes après, il rentre après avoir descendu 3 avions allemands, puis reprend l'air à nouveau et porte à 6 le tableau de la journée. » 10/05/1918

 

Le 19 mai 18, 43ème et 44ème avions du sous-lieutenant Fonck dans la région de Montdidier. Au cours de cette patrouille le sergent Brugère abat un avion allemand.

C’est la seconde et dernière victoire d'un équipier dans une patrouille dirigée par Fonck

Même lorsque la bataille mêle plusieurs Spad comme le rapporte par exemple le JMO du 26 septembre 1918 il n’y a qu’un seul vainqueur (64ème, 65ème, 66ème victoires homologuées à Fonck). L’escadrille soutient son champion.

Et l’aviation l’honore.

Désigné avec son chef d’escadrille pour représenter l’aviation, Fonck se rend à Dijon pour une revue le 21 juin 1918 et la présentation des drapeaux des aviateurs et des aérostiers aux officiers et aux treize cents élèves-pilotes de l’Ecole de Dijon.

« Voici votre drapeaux, Il revient de la bataille tout couvert de gloire. Dans ses plis flotte l'âme de nos morts, c'est-à-dire l'âme toujours vivante de la patrie. Regardez-le fièrement. Par lui nous vaincrons. »

Le sous-secrétaire d'Etat M. Jacques-Louis Dumesnil présenta les drapeaux et prononça l'allocution suivante »

« Officiers, sous-officiers et soldats de l'air, je vous présente à vos drapeaux, emblèmes sacrés confiés par la République à sa jeune armée de l'air, et qui égalent les plus glorieux drapeaux de la vieille armée.

Ils sont devant vous, encore tout frémissants du vent du front, et cependant, leurs couleurs sont vierges, leur soie n'est pas déchirée par la mitraille comme celle des drapeaux de la tranchée. Ce sont les cocardes ailées des avions que trouent les balles et les obus. C'est le sacrifice de tous nos camarades, tombés dans la bataille du ciel, qui couvre d'honneur ces drapeaux que portent deux des meilleurs soldats de notre grande armée.

Je salue le drapeau de l'aviation, emblème fraternel des bombardiers, des chasseurs, des observateurs et des aviateurs de l'armée et de la marine, porté par Fonck, officier de la Légion d'honneur, vingt et une citations, quarante-cinq victoires, symbole des vertus de la race qui vient vous présenter ce drapeau comme le fit notre immortel Guynemer que vos camarades virent l'autre année.

Et je vous présente le drapeau de l'aérostation militaire, dont l'action est moins connue de la foule, et qui est porté par le capitaine Batlle, sept blessures et six citations »

 

Des avions prirent l'air, puis les élèves du cours de culture physique se livrèrent à des exercices varias et très réussis, qui leur permirent de montrer leur souplesse et leur force, des « qualités indispensables aux pilotes», dit le colonel Girod. Parmi les démonstrations faites, on remarqua une exhibition de boxe entre Georges Carpentier, champion d'Europe, dont le maillot s'orne de la médaille militaire et de la Croix de guerre, et Pommier, champion de France.

Enfin, le sous-secrétaire d'Etat visita les divers services du camp.

A 14 heures, un déjeuner à la préfecture réunissait les autorités et les principaux as ».

[Le Matin, 21 juin 1918]

         

C’est au retour de ce voyage prolongé jusqu'à Lyon, qu’il rapportera la Cigogne que la femme d’Edouard Herriot lui a offerte.

Cette cigogne qu’il appellera Hélène fera la joie de l’escadrille.

 37 MINI ECPA FONCK SPA 3AD 85 ok

Longvic près de Dijon, Fonck et Batlle présentent les drapeaux de l’aviation et de l’aérostation.

 

 

 

 

42 MINI ECPA FONCK SPA 3AD 83 ok

Lyon, accueil du Lieutenant Fonck à la gare de Perrache. Juin 1918.

41 MINI CPA FONCK SPA 3AD 82 ok

Fonck et Hélène voyagent en train au retour de Lyon

 

Août 1918

26 septembre 1918 : Trois victoires le matin, trois l’après-midi

La 4ème Armée du général Gouraud à l’Ouest de Reims participe à l’assaut contre la ligne Hindenburg

Le 26 septembre est la date du déclenchement de l’offensive générale. C’est donc une journée particulière dont le JMO de l’escadrille 103 rend compte.

L’activité de l’escadrille commence à 10h 25 par trois patrouilles simultanées qui s’élancent pour des vols d’environ 1 heure cinquante.

Une patrouille à trois sous la direction du sous-lieutenant Coudouret, une patrouille à deux dirigée par l’adjudant Drouilh, une patrouille à cinq dont le chef de patrouille est le sous-lieutenant Thouzellier, constituent une protection dont va bénéficier le lieutenant René Fonck qui décolle en solitaire à 11h 20.

De nombreuses patrouilles ennemies sont également en l’air.

A 11h 45 le lieutenant Fonck attaque 4 monoplaces ennemis; deux sont abattus et tombent en flammes entre Sainte-Mary à Py et Saint-Souplet.

A 12h 10 le lieutenant Fonck attaque et abat un biplace de reconnaissance ennemi au sud de Perthes les Hurlus.

En fin d’après-midi une forte patrouille sous la direction du lieutenant Fonck repart pour surprendre les avions allemands de reconnaissance.

Elle comprend le lieutenant Fontaine (1h, 3000m.), le sergent Romanet (1h 30, 3000m.), l’adjudant Brugère (55mn, 3000m), l’adjudant Loup (1h 25, 3000m) et le sergent Lenoir (1h 15, 3000m).

A 18h 05 le lieutenant Fonck attaque 4 monoplaces ennemis qui attaquaient 2 biplaces français. Un avion allemand est abattu et s'écrase au sol, région ouest de Sommepy.

Homologué.

A 18h 20 attaque d'une patrouille de 8 monoplaces; la mêlée dure 10 minutes. Deux avions ennemis sont abattus par le lieutenant Fonck à l'est de Souain.

Homologués.

64, 65, 66èmes avions ennemis abattus par le lieutenant Fonck.

 11 MINI SHDDE DE Z 111116 39 10 0001 4 ok

Pilotes des escadrilles SPA 3 - SPA 26 - SPA 103 qui forment le GC 12 sur le terrain d'Hétomesnil en août 1918. De gauche à droite debout : Sous-lieutenant Henri Rabatel (pilote SPA 3) - Schmitter (pilote SPA 103) - Capitaine Xavier de Sevin (Commandant SPA 26) - Lieutenant René Fonck (pilote SPA 103) – Puget (pilote SPA 26) - Letourneau (pilote SPA 26) - Castex (médecin Spa 26) – Thouzellier (pilote SPA 103). De gauche à droite: Cardonnet (pilote américain de la SPA 103) - Lieutenant Joseph Battle (commandant de la  SPA 103) - Dombray (pilote SPA 26).

 

Victoires

1

06 août 1916

C47

Rumpler

Estrées-Saint Denis

2

17 mars1917

C47

Albatros

Cernay-en-Laonnais

3

05 mai 1917

Spa103

Rumpler

Berry-au-Bac

4

11 mai1917

Spa103

Albatros

Aguilcourt

5

13 mai 1917

Spa103

Avion non identifié

Nogent l'Abbesse

6

12 juin 1917

Spa103

Albatros

Cauroy-Cormicy

7

09 août 1917

Spa103

Fokker

Dunkerque

8

19 août 1917

Spa103

Albatros C

 

9

20 août 1917

Spa103

Avion non identifié

 

10

21 août 1917

Spa103

Biplace

Dixmuide

11

22 août 1917

Spa103

Avion non identifié

Ypres

12

14 septembre 1917

Spa103

Avion non identifié

Langemarck

13

15 septembre 1917

Spa103

Avion non identifié

Zonnebeke

14

23 septembre 1917

Spa103

Biplace

Houthulst

15

30 septembre 1917

Spa103

Biplace

Poperinghe

16

17 octobre 1917

Spa103

Avion non identifié

 

17

17 octobre 1917

Spa103

Avion non identifié

 

18

21 octobre 1917

Spa103

Avion non identifié

Paschendaele

19

27 octobre 1917

Spa103

Avion non identifié

Westroosebeke

20

19 janvier 1918

Spa103

Fokker

Beaumont

21

19 janvier 1918

Spa103

Avion non identifié

Samogneux

22

05 février 1918

Spa103

Biplace

Sarrebruck

23

18 février 1918

Spa103

Albatros

Caurieres-Bezonvaux

24

19 février 1918

Spa103

Albatros C

Montfaucon

25

26 février 1918

Spa103

Biplace

Dieppe

26

26 février 1918

Spa103

Biplace

Montfaucon

27

15 mars 1918

Spa103

Biplace

Bermercourt-Oratuville

28

15 mars 1918

Spa103

Albatros

Courtecon

29

16 mars 1918

Spa103

Two-seater

Nogent l'Abbesse

30

17 mars 1918

Spa103

Pfalz D.III

Meneville

31

28 mars 1918

Spa103

Avion non identifié

Montdidier

32

29 mars 1918

Spa103

Avion de reconnaissance

Montdidier

33

29 mars 1918

Spa103

Avion de reconnaissance

Montdidier

34

12 avril 1918

Spa103

Avion de reconnaissance

Piennes-Montdidier

35

12 avril 1918

Spa103

Biplace

Moreuil

36

22 avril 1918

Spa103

Avion non identifié

Assainvillers-le-Monchel

37

09 mai 1918

Spa103

Biplace

Moreuil

38

09 mai 1918

Spa103

Biplace

Moreuil

39

09 mai 1918

Spa103

Biplace

Moreuil

40

09 mai 1918

Spa103

Biplace

Montdidier

41

09 mai 1918

Spa103

Biplace

Harlecourt-Braches

42

09 mai 1918

Spa103

Biplace

Harlecourt-Braches

43

19 mai 1918

Spa103

Avion non identifié

Montdidier

44

19 mai 1918

Spa103

Avion non identifié

Montdidier

45

25 juin 1918

Spa103

Fokker

Villers-aux-Erables

46

25 juin 1918

Spa103

Fokker

Montdidier

47

25 juin 1918

Spa103

Halberstadt C

Coutoire

48

27 juin 1918

Spa103

Halberstadt C

Morisel

49

27 juin 1918

Spa103

Pfalz D.III

Moreuil

50

16 juillet 1918

Spa103

Avion non identifié

Dormans

51

16 juillet 1918

Spa103

Avion non identifié

Dormans

52

18 juillet 1918

Spa103

Avion non identifié

Cachery

53

18 juillet 1918

Spa103

Avion non identifié

Cachery

54

19 juillet 1918

Spa103

Avion non identifié

Chatillon

55

19 juillet 1918

Spa103

Avion non identifié

Chatillon

56

19 juillet 1918

Spa103

Avion non identifié

Dormans

57

01 août 1918

Spa103

Biplace

EBois de Hangard

58

14 août 1918

Spa103

Avion non identifié

Roye

59

14 août 1918

Spa103

Avion non identifié

Gruny-Cremery

60

14 août 1918

Spa103

Avion non identifié

Roye-Chaulnes

61

26 septembre 1918

Spa103

Fokker D.VII

St. Marie-a-Py

62

26 septembre 1918

Spa103

Fokker D.VII

St. Souplet

63

26 septembre 1918

Spa103

Halberstadt C

Perthes-les-Hurles

64

26 septembre 1918

Spa103

Fokker D.VII

St. Souplet

65

26 septembre 1918

Spa103

Halberstadt C

Souain

66

26 septembre 1918

Spa103

DFW C

Souain

67

28 septembre 1918

Spa103

Biplace

Somme-Py

68

05 octobre 1918

Spa103

Biplace

Liry-Mirvaux

69

05 octobre 1918

Spa103

Avion de reconnaissance

Mauvine-St. Clements

70

30 octobre 1918

Spa103

Biplace

Falise-Vouzieres

71

30 octobre 1918

Spa103

Avion de reconnaissance

Semay-Terron

72

30 octobre 1918

Spa103

Avion de reconnaissance

Semay-Terron

73

31 octobre 1918

Spa103

Biplace

Vouzieres

74

31 octobre 1918

Spa103

Avion de reconnaissance

Vouzieres

75

01 novembre1918

Spa103

Halberstadt C

Vouzieres

 
 

La reconversion dans la députation

Sans qu’il n’ait vraiment dû faire campagne, René Fonck est élu député des Vosges.

Approché par Georges Mandel, chef de cabinet de Clémenceau, René Fonck qui, selon le Populaire serait « dégouté de la politique », refuse une place à Bordeaux mais par contre accepte de figurer sur la liste de M. Constant Verlot (Gauche radicale) dans les Vosges. Le journaliste du Populaire, peu enclin à tomber sous le charme de l'As des As conclut son article par un « Il y a un nuage à l'horizon -au bleu horizon, si j'ose dire- ce serait qu'une liste rivale ait deux ou trois "as" avec des jambes coupées. »

Candidature que les « Potins de Paris » dans leur style propre tournent en dérision : « Un journal nous annonce que Fonck serait candidat aux élections. 

Nous ignorons ce qu'il y a de vrai dans cette information, mais malgré la tentative première de Védrines, je ne supposais pas que le gauchissement pourrait être utilisé par la fédération des gauches. »

24 MINI Coll Ren Fonck ImageEst FLPH157 102 ok  05 mini SHDDE DE Z 111116 39 4 0001 4 ok 
  René Fonck en campagne

 Elu sur son aura sans devoir faire campagne, il fait partie des plus jeunes députés, et à ce titre aura à occuper la place de "Secrétaire d'âge".

Jacques Mortane qui ne fut jamais avare de compliment à son égard tire une conclusion sévère de son activité parlementaire des premiers mois

« Nous espérions que le nouveau Parlement prendrait en main les intérêts de l'aviation. Deux as furent élus: le capitaine Fonck, as des as, le capitaine Heurtaux, as aux 20 victoires.

Le premier n'est pas très assidu aux séances de la Chambre et nous attendons son premier discours! Le fait d'avoir abattu 75 boches ne suffit pas à faire un politicien et à vous donner des idées extrêmement précises sur une question aussi complexe que l'avenir de notre aviation. Espérons cependant. »

Il faut dire que ses interventions ne brillent pas :

Question écrite sur le licenciement des fonctionnaires des régions libérées, sur la retraite des officiers d'active, sur les pensions des veuves de guerre, sur le droit à la médaille militaire de certains blessés de guerre, sur les sursitaires de la classe 1920, sur les officiers en congé sans solde...

Il faudra attendre le vote du budget de 1923 pour voir une intervention remarquée concernant spécifiquement l’aviation.

Dans le va et vient entre la Chambre et le Sénat , le budget parti au Sénat avec un déficit de 3 milliards 680 millions est revenu avec un excédent de 700 millions et y retourne avec un déficit de 600 millions.

Articles après articles, les amendements sont examinés.

« Puis vient la séance de nuit. Le Sénat avait réduit les crédits de l'aviation militaire de 180 à 175 millions.

Le Gouvernement demande de les porter à 211 millions ce qui inquiète certain craignant le retour de la course aux armements, et ne voient pas contre quelle armée cette augmentation serait nécessaire.

Intervention de René Fonck (Gauche républicaine démocratique): il apporte son soutien à MM. Maginot (Gauche républicaine démocratique) et Boussenot (radical) et la réduction des crédits demandée par M. Mistral (Parti socialiste) est repoussée ».

 04 SHDDE DE Z 111116 39 3 0001 4 ok

Mme Fonck et ses deux filles à Saulcy en 1919

FONCK

La famille Fonck à Saulcy en 1919

21 MINI Coll Ren Fonck ImageEst FLPH157 017 2

En juillet 1920, autour de la reine de Belgique, de gauche à droite le capitaine Pinsard, le lieutenant Robin, le lieutenant Barny de Romanet, le capitaine Poupon, l'adjudant Fronval, le lieutenant Nungesser, le capitaine Fonck, le lieutenant Mollard (attaché de l'Air à Bruxelles).

 

 

Par contre il est présent dans sa circonscription.

C’est également à la fin de cette année 1923 que parait sous son nom le livre « L’Aviation et la sécurité française ». Ouvrage théorique et pratique dans sa 2ème partie, il est en partie revendiqué par Pierre Dufaur de Gavardie, As aux 6 victoires en 14-18.

Dénonçant le réarmement aérien de l’Allemagne, il milite pour le renforcement de la fabrication de l’aviation française civile et militaire qu’il souhaite réunie sous un même ministère, prônant la création d’une Armé de l’Air et d’un Ministère de l’Air.

Cette unification de l’aviation est soutenue par « la reconnaissance de l'utilisation militaire possible des avions marchands » et la possibilité de « l'emploi civil des avions de chasse ou d'observation ».

En tant que président de la Ligue aéronautique française il défend les mêmes idées :

« Mais, il est un point qui est, pour nous, beaucoup plus inquiétant: c'est le travail intense et persévérant qu'effectue, en ce moment, l'Allemagne dans l'ordre d'idées qui nous occupe ; n'oublions pas, en effet, qu'elle, aussi, a l'expérience de quatre années de guerre, qu'elle est munie des laboratoires les plus perfectionnés et qu'elle arrivera, dans un délai très rapproché, à faire sortir une flotte aérienne d'une puissance exceptionnelle; car, le 1er janvier 1923, elle reprend, comme on le sait, en vertu du traité de paix, toute sa liberté de construction ».

En parallèle à son activité parlementaire, il participe à de nombreux meetings aériens et comme président de la Ligue Aérienne de France, il est sollicité pour prononcer des conférences

26 mini Coll Ren Fonck ImageEst FLPH157 115

Capitaine René Fonck, Capitaine Lagache et Lieutenant Barny de Romanet sur le terrain d'aviation de Buc, le 8 octobre 1920 au cours d’un meeting aérien.

 localement mini

René Fonck préside la cérémonie de remise de la Croix de guerre à la commune de Deneuvre (Meurthe-et-Moselle) le 19 avril 1921.

 

Et se voit confier des missions de représentation en France et à l’étranger.

25 mini Coll Ren Fonck ImageEst FLPH157 114Il fonde en 1921 la Société des Automobiles Fonck une usine de voitures de luxe dont le bouchon de radiateur s’orne d’une cigogne.

La presse salue ses voitures.

« La Fonck au salon

Garantir un châssis pour une durée illimitée est un tour de force sans précédent.

Le capitaine René Fonck, sûr du choix de ses aciers et de sa fabrication, était seul capable de le réaliser.

Si on pense d'autre part que son châssis 18 CV 6 cylindres, 80/130, muni des tout derniers perfectionnements, n'est cependant que de 55.000 francs, on se rend compte du travail accompli sous la haute direction de notre grand aviateur. »47 mini fonck

Après l’échec de sa réélection en 1924 il continuera à représenter la France comme lors 22 mini oll Ren Fonck ImageEst FLPH157 019de cette mission au Etats-Unis d’octobre 1925 sur mandat du Président du Conseil.

 001 Centre image Lorraine

Réception le 27 septembre 1922 à Rio de Janeiro. René Fonck est le chef de la mission aéronautique aux fêtes du centenaire du Brésil.

Avec Fronval et Lafay ils s’envolent pour une course de vitesse après laquelle ils se livrent à un simulacre de combat aérien.

 

La traversée de l’Atlantique avortée

Lors d’une mission aux Etats-Unis en 1925, il découvre un avion de marque Sikorski dont il décide de lui faire traverser l’Atlantique de New-York à Paris et gagner ainsi le prix Orteig de 25.000 dollars.

Sur ses indications le S 35 sera remotorisé: trois moteurs Jupiter Gnome et Rhône de 450 chevaux remplaceront les deux moteurs Liberty.

CRI 1 125 sIKORSKY 3 MOTEURS

La constitution de l’équipage n’est pas, facile Fonck déclarant de manière humoristique selon « La Presse » du 11 mai 1926 que son compagnon devra être « bon nageur ». Le copilote sera finalement le lieutenant Lawrence Curtin, l’opérateur radio Charles Clavier et le mécanicien Jacob Islamoff de l’usine Sikorski.

Les préparatifs vont occuper Fonck désormais libre de ses mouvements.

« Sur ces entrefaites, on câblait — car enfin il vola ! — que l'appareil, piloté par Fonck, après avoir eu un accident d'aile, était monté à 5.666 mètres avec 3.150 kilos et avait volé à une vitesse de 233 kil. 305 à l'heure sur une distance de 3 kil. 218 ...

Le 9 septembre Fonck partit de New-York à 10 h. 20, emmenant 12 passagers, dont Sikorsky lui-même. A 13 h. 16 l'appareil se posait à Washington. Le lendemain il effectuait le voyage du retour avec 3 hommes d'équipage et 7 passagers. »

Sans forcément partager l’avis du journaliste qui qualifie ces informations de « bluff » force est de constater que les vols avec passagers relèvent plus de la communication que de la technique, et que sur les 38 vols d’essais, aucun ne fut effectué avec une charge approchant celle qui sera emportée au départ : 13,2 tonnes, le maximun essayé étant de 12,5 tonnes.

Sikorsky souhaite retarder le départ en 1927, mais la société commanditaire fait pression pour un départ en septembre 1926. Ce sera le 21.

L’avion s’élance roule, roule, roule, ne parvient pas à s’élever, l’aile droite accroche le sol…C’est la catastrophe. Du brasier instantané ne sortiront que Fonck et Curtin.

Une polémique s’ensuivit. Fonck mit en cause le mécanicien Islamof puis se rétracta, une commission d’enquête conclut finalement à un accident mettant hors de cause pilote et copilote.

« Un de nos confrères parisiens, reproduisant l'avis d'un technicien de l'aviation, écrivait, avant que l'accident se fût produit:

« Achevé, le Sikorski revint à 100.000 dollars. Il y eut, en outre, 100.000 dollars de frais annexes. Et l'appareil, au moins jusqu'à présent, ne décolla pas. Il ne parait pas possible (à moins que les Américains n'aient découvert un carburant inconnu pesant moins lourd que l'essence), qu'il puisse s'envoler à charge complète. 

Ses trois moteurs de 420 chevaux ne peuvent pas décoller un appareil pesant plus de 10 tonnes.

Or il devrait emporter 7 tonnes d'essence, ce qui lui donnerait un poids total de 12 tonnes au minimum. C'est trop. »

D’autres évoquent Fonck « pressé par de maladroits amis qui l’engageaient à tenter son vol gigantesque coute que coute alors que l’océan est en proie à de terrible tempêtes. »

Mais Fonck ne renonce pas à sa traversée de l’Atlantique et programme un autre vol pour l’année suivante, ayant réuni les fonds nécessaires et bénéficiant de l’appui de Sikorski.

« Fonck et Chamberlain s'engagent.

New- York, 2 juin 1927.

L'association aéronautique nationale annonce que l'aviateur français René Fonck et l'aviateur américain Clarence Chamberlain ont demandé leur inscription en vue de tenter le vol sans escale San-Francisco- Honolulu, pour lequel M. James Bole, président de la Compagnie des ananas des îles Hawaï, a offert un prix de 45.000 dollars. »

Le 6 septembre 1927, presqu’un an après l’échec, le journaliste Saladin dévoile ses « véritables projets » qui sont d’éclipser « tous les records établis à ce jour ».

« Son intention est toutefois de partir le plus vite possible, pour le plus vite possible, aussi, être le premier Français à réussir New-York-Paris. Il sera également le premier Français à employer les moteurs de construction nationale pour voler de New-York à Paris. Il a voulu, en effet que l'Industrie française soit associée à son succès possible, puisqu'il n'a pu trouver à Paris la possibilité d'avoir une machine, cellule et moteur, entièrement construite en France. »

Il devra cependant renoncer et rentrer en France.

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Fonck et Udet en 1928 à Berlin.

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Mission de Fonck au Maroc en 1931. Au centre, Moulay Youssef A gauche, son fils, Mohamed V, sultan du Maroc. Lors de ce voyage Fonck participe le 30 mai au meeting d’Oran.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ACCIDENT SIKORSKY

Partie inférieure du gouvernail de direction qui fut arraché par le train d'atterrissage prématurément déclaveté lors du malheureux accident.

 

Une nouvelle vie après la rencontre avec sa future femme.

Avec la comédienne Irène Brillant —Mathilde Sylvestre pour l’Etat-civil— il entre dans une vie plus mondaine qui cependant ne diminue pas ses besoins d’action publique.

Après une nouvelle tentative politique sans lendemain, il revient à ses compétences d’aviateur et rejoint « l’Arme spéciale aéronautique » qui deviendra l’Armée de l’Air en 1936.

Il reprend donc son entrainement, et devient Commandant de réserve en juin 1935, puis sera missionné par le ministre de l’Air Victor Denain, pour une expertise de la défense aérienne.

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Albert Lebrun lui remet les insignes de Grand officier de la Légion d'Honneur

 

Pierre Cot, ministre de l’Air du Front populaire approuvera sa nomination de lieutenant-colonel de réserve en juin 1936 et Albert Lebrun lui remettra les insignes de Grand Officier de la Légion d’Honneur en juillet. Il sera associé à la création de l’Aviation populaire destinée à la fois à démocratiser l’aviation et à constituer une sorte de préparation militaro-aérienne.

Et on parle de lui pour prendre la direction d’un groupe de chasse.

"Le ministère de l'air vient de décider la formation d'une brigade spéciale comprenant un groupe de chasse, un groupe d'attaque au sol, un groupe de bombardement et un groupe d'infanterie aérienne. Le commandant du groupe de chasse serait confié au lieutenant-colonel Fonck. »

Ce qui ne changera en rien les opinions de Fonck sur la politique aérienne du Front Populaire qu’il tiendra quelques années plus tard pour responsable du « pillage » de l’aviation.

Après son mariage en 1936 naitra cette même année leur premier enfant, un garçon, leur second, une fille naitra quatre ans plus tard.

 

 

 

 

 

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Un centre d’Aviation Populaire inauguré par René Fonck. Initié par le gouvernement du Front Populaire, l’Aviation populaire est destinée à démocratiser l’aviation.

 

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14 mai 1939 Le Temps

« On annonce la constitution de « l’Association nationale française de propagande et d'information pour la défense passive ». Présidée par le colonel Fonck, grand officier de la Légion d'Honneur, cette association dépourvue de tout caractère politique ou confessionnel, a pour but de contribuer au mouvement général français en faveur de la défense passive et de coordonner et encourager dans ce sens les initiatives privées. »

Cette présidence est bien dans la continuité de sa dénonciation du danger aérochimique allemand, bien qu’en 1932, le maréchal Pétain l’ait envisagé pour la France (avec 200 bombardiers capables de transporter une à deux tonnes d’explosifs chimiques à 1.000 kilomètres, 200 chasseurs et la ligne Maginot, le pays serait à l’abri de toute agression).

 

6 novembre 1939 : 9 avions de chasse français Curtiss Hawk abattent 4 des 27 avions de chasse allemands Me109 au-dessus de la Sarre.

Rapportant le fait le 23 décembre l’Intransigeant titre « Fonck avait raison. » et annonce que 1940 sera l’année des virtuoses et connaitra une « large relève des avions de 1939 ».

 

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Marcel Doret, pilote d’essai de la maison Dewoitine pose avec René Fonck devant une Dewoitine 520.

 

Par fidélité au Général il devient maréchaliste.

Après l’armistice, appelé ou s’étant présenté de lui-même, René Fonck est désormais au service du Maréchal Pétain qui le reçoit régulièrement comme le rapporte la presse.

Ayant la confiance du Chef de l’Etat français, fort de ses relations avec Ernest Udet et Hermann Goebbels, anciens pilotes de 14-18 devenus hauts responsables nazis, et le général Karl Hanesse chef d’Etat-major de la Luftwaffe à Paris il entend jouer un rôle d’émissaire du maréchal et se mêler aux jeux politiques de Vichy.

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Il s’en expliquera dans ses dépositions de 1945 et 1946 lors de l’enquête diligentée à son sujet, suite à son arrestation.

Voyageant entre Paris et Vichy, il « surveille » Laval pour le compte du Maréchal, le soupçonnant de velléités de collaboration beaucoup plus active avec les Allemands.

Son rôle sera pourtant limité dans les deux faits marquants de son activité d’émissaire :

La rencontre du Maréchal Pétain et du Chancelier Hitler à Montoire (24 octobre 1940) et le remaniement ministériel de 1942.

Dans ses déclarations, René Fonck présente la rencontre de Montoire comme résultat de son activité de relation entre les deux protagonistes. Il est vrai que Pétain lui a confié une mission d’information dont le destinataire est bien Hitler par l’intermédiaire de Goering.

Mais il n’est qu’un des circuits de préparation de l’entrevue qui pour Pétain et Laval devait permettre d’assouplir les conditions d’occupation en échange d’un soutien militaire concrétisé par la reconquête des colonies africaines passées au gaullisme.

L’entrevue du 24 octobre a en effet été précédée de plusieurs rencontres : celle de Laval et Otto Abetz, celle d’Hitler et Laval le 22 octobre, rencontres vraisemblablement de plus de poids que l’intercession de Fonck.

Le sabotage de notre aviation, cause principale de notre défaite, Paris 1941

Voilà bien un livre apte à retenir l’attention. Préfacé par Fonck ce pamphlet qui a été cité au procès de Riom ouvert contre les dignitaires du Front populaire (février 1942), a été écrit par André Maroselli, qui rejoindra Londres en 1943 et sera candidat heureux du parti radical à la députation en 1946 et ministre de l’Air en 1947… Parti radical membre du Front populaire en 1936 !

Le projet de remaniement ministériel de 1942 marque le retour au pouvoir de Laval qu’il voulait évincer.

En avril 1942, muni d’une lettre du Maréchal l’autorisant à se rendre à Berlin et à parler en son nom, le colonel Fonck détient une liste de ministres potentiels d’un remaniement qui éloignerait l’amiral Darlan. Celui-ci prévenu par un circuit assez peu clair obtient le soutien du Maréchal lors d’une entrevue ou Pétain désavoue Fonck, parlant d’une initiative personnelle.

Sous la pression des Allemands Laval est nommé chef du gouvernement et Darlan reste au gouvernement.

C’en est fini des relations de confiance entre les deux hommes, et Fonck rentre à Paris et commence à prendre ses distances du pouvoir de Vichy.

Deux arrestations posent la question de sa participation à la résistance et de l’intensité de sa collaboration.

Arrêté par les Allemands en juin 1944 il est interné à Drancy pendant 3 jours et en est libéré par l’intervention d’un colonel de la Wermacht.

Cet internement fait suite à l’aide que Fonck a apporté à une famille juive permettant à deux jeunes filles de quitter Paris

D’autres interventions de sa part, pour Jacques Grou-Radenez imprimeur résistant, pour Jean Robert de Vogüé, négociant de champagne, pour l’aviateur Paul Codos, pour René Vaucourt, maire de Saulcy sur Meurthe attestent selon les témoignages, sinon d’une entrée en résistance active, du moins d’un certain soutien à celle-ci et d’une prise de distance envers les « excès » de la collaboration.

Arrêté à la libération le 7 septembre 1944 il restera en détention jusqu’au 24 décembre 1944 pour, selon les avis, être protégé de possibles représailles ou faire l’objet de compléments d’enquête.

Il doit sa libération aux démarches de sa femme auprès d’Edgar Pisani qui juge que le dossier ne justifie aucune charge.

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A son cher René Fonck, ennemi d’hier, ami d’aujourd’hui. Berlin, janvier 1929

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ERMITE rené Fonck

 

Dès lors René Fonck redeviendra un citoyen presque ordinaire, réserviste de l’Armée de l’Air, occupé à gérer ses affaires, la Société France-Engrais, jusqu’à sa mort le 18 juin 1953…Un 18 juin…

(c) C. Thollon-Pommerol.

D'après AceS N° 8

René Fonck René Fonck, As des As